Culture

«Joseph Anton»: Salman Rushdie raconte sa vie sous la menace d'une fatwa

Laure Beaulieu, mis à jour le 11.09.2012 à 15 h 30

Salman Rushdie by David Shankbone/ David Shankbone Flickr CC licence by

Salman Rushdie by David Shankbone/ David Shankbone Flickr CC licence by

Le New Yorker publie des extraits des mémoires de Salman Rushdie, qui paraîtront le 18 septembre aux Etats-Unis et le 20 septembre en France. Dans ce seizième ouvrage, l’écrivain d’origine indienne raconte sa vie entre 1989 et 1998, période durant laquelle il faisait l’objet d’une fatwa, lancée par l’Ayatollah Khomeiny.

Dans un récit à la troisième personne, l’auteur raconte comment une journaliste de la BBC lui a fait découvrir la nouvelle de sa condamnation à mort le jour de la Saint-Valentin, en 1989. Puis la journée qui a suivi, les journalistes qui le poursuivent, l’obligation de trouver un endroit sûr où se cacher. Et, pendant des années, les conséquences sur sa vie –l’obligation de vivre en permanence sous protection– et sur celle de sa famille.

Salman Rushdie a été condamné à la peine de mort par l’Ayatollah Khomeiny, le 14 février 1989, à cause de son livre, publié en 1988, Les versets sataniques, qui a conduit à une vague de contestation en Iran, et dans nombreux autres pays. Cette fatwa est toujours d’actualité aujourd’hui, même si, en 1998, le gouvernement iranien a affirmé que la peine de mort ne serait pas appliquée.

Le titre de l’ouvrage, Joseph Anton - Une autobiographie fait référence au nom de substitution qu’il avait choisi pendant la fatwa. Salman Rushdie se rappelle, dans les passages publiés par le New Yorker, comment lui est venue l’idée de ce nouveau nom.

«Il a pensé aux écrivains qu’il a aimé et a essayé des combinaisons avec leurs noms. Il a écrit, côte à côte, les prénoms de Conrad et Tchekhov, et il avait trouvé son nom pour les neuf années suivantes. Joseph Anton.»

Salman Rushdie avait annoncé dès 2010 la publication de ses mémoires. «C’est mon histoire, et à un certain moment, il sera nécessaire qu’elle soit racontée. Je pense que ce moment se rapproche», avait-il expliqué à des journalistes à l’université d’Emory, où sont conservés ses documents et ses archives informatiques.

L’éditeur américain de l’ouvrage met l’accent dans la quatrième de couverture sur l’importance des mémoires de Salman Rushdie :  

«C’est un livre d’une franchise et d’une honnêteté exceptionnelle; convaincant, provoquant, émouvant et d’une importance décisive. Parce que, ce qui est arrivé à Salman Rushdie était le premier acte d’un drame qui continue à se développer quelque part dans le monde chaque jour.»

Breakfast honoring Israeli literary legend Amos Oz, on September 24, 2008 on the Upper East Side of Manhattan in New York City.

This photo is included in my '100 People I Photographed for the Creative Commons' set of my favorites shots out of the thousands of people I have photographed.

(About David Shankbone)

Laure Beaulieu
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