France

Bernard Arnault: les cinq raisons possibles de son changement de nationalité

Ludivine Olives, mis à jour le 10.09.2012 à 16 h 37

Bernard Arnault présente les résultats de 2010 de LVMH lors d'une conférence à Paris le 4 février 2011  	REUTERS/Gonzalo Fuentes

Bernard Arnault présente les résultats de 2010 de LVMH lors d'une conférence à Paris le 4 février 2011 REUTERS/Gonzalo Fuentes

L'intention de Bernard Arnault, actionnaire majoritaire et président du groupe de luxe LVMH, d'acquérir la double nationalité franco-belge a été rendue publique par la Libre Belgique samedi 8 septembre. Une décision prise de longue date puisqu'il est inscrit au registre de la population d’Uccle (une banlieue riche du sud de Bruxelles) depuis la fin 2011. Alors que l’homme d’affaires français a assuré qu’il continuerait à payer des impôts en France, sa décision a provoqué un tollé. Si la Belgique est effectivement un paradis pour les grandes fortunes, la cause précise de cette demande reste encore floue.

Raison n°1: Pour des investissements

Le Monde cite une «source proche» pour qui«il semblerait que Groupe Arnault ait le projet d'investir en Belgique dans un domaine qui doit être sensible», investissement qui «serait facilité par le fait que Bernard Arnault» obtienne la nationalité belge. Le milliardaire français pourrait ainsi vouloir se rapprocher de l'homme d'affaires belge Albert Frère, ami de longue date et actionnaire à 18,08 % de Groupe Arnault. «Son groupe privé (Groupe Arnault) a de nombreux investissements en Belgique, et entend les développer. C'est dans cette perspective que Monsieur Bernard Arnault a sollicité la double nationalité», a indiqué LVMH dans un communiqué, cité par la Libre Belgique.

Raison n°2: Pour s’installer à Monaco

Selon Le Figaro, passer par la Belgique constituerait un formidable tremplin pour s’installer dans un Etat encore plus clément fiscalement: Monaco. En effet, tout résident monégasque titulaire d'un passeport français demeure soumis à l'impôt français, et opter pour une autre nationalité permet de supprimer cette obligation.

Pour Armand De Decker, le bourgmestre d'Uccle, cité par La Libre Belgique, cette théorie est complètement fausse: «il y a une certitude, c’est que Monaco, il n’en a rien à cirer.» Pour lui c’est plutôt le climat fiscal, l’incertitude politique et les lourds droits de succession en France qui pèsent dans la décision de Bernard Arnault. Venons-en donc aux raisons 3 et 4.

Raison n°3: Pour les droits de succession

Les droits de succession en Belgique sont, rappelle Le Figaro, de 30% en ligne directe au lieu de 45 % en France. Un véritable atout pour les grosses fortunes. Il est même possible de contourner cette taxation grâce à des dons manuels du vivant, imposés à...  2 % seulement. Si Bernard Arnault souhaite en bénéficier, ses héritiers devront par contre être également installés en Belgique.

Raison n°4: Pour payer moins d’impôts

La démarche de Bernard Arnault a été interprétée dans un premier temps comme un préalable à un futur exil fiscal (la condition pour payer ses impôts en Belgique n'étant pas d'avoir la nationalité, mais d'y résider) motivé par la future nouvelle tranche d'imposition à 75 % pour les très hauts revenus, à laquelle il n’a jamais caché son hostilité.

Mais l'actionnaire principal de LVMH a démenti vouloir s'exiler fiscalement en Belgique. Lors d’une interview à l'AFP, il a expliqué: «Je suis et je resterai fiscalement domicilié en France et à ce titre, je remplirai, comme tous les Français, l’ensemble de mes obligations fiscales. […]  Notre pays doit compter sur la contribution de chacun pour faire face à une crise économique profonde dans un cadre budgétaire particulièrement contraint.»

Raison n°5: Pour anticiper l’avenir

Selon l’un des fiscalistes interrogés par la Libre Belgique, Bernard Arnault pourrait avoir peur, non pas des projets à court terme du nouveau gouvernement, mais de l'évolution plus lointaine de la fiscalité française: «il pourrait être inquiet par le fait que dans cinq à dix ans, la nationalité puisse devenir un critère de taxation.» Une promesse que Nicolas Sarkozy avait faite durant sa campagne.

Ludivine Olives
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