France

La tuerie de Chevaline mal couverte par la presse française?

Ludivine Olives, mis à jour le 10.09.2012 à 12 h 00

Les journalistes sur la scène du crime à Chevaline, le 7 septembre 2012. REUTERS/Robert Pratta.

Les journalistes sur la scène du crime à Chevaline, le 7 septembre 2012. REUTERS/Robert Pratta.

Depuis le jeudi 6 septembre, lendemain de la découverte macabre d’une famille assassinée en Haute-Savoie, l’affaire de Chevaline est suivie de près par les médias français. Mais pas suffisamment au goût des Britanniques.

Dans un article pour The Guardian, la journaliste Kim Willsher, basée à Paris, explique que les médias français ont relégué cette affaire au rang de simple «fait-divers: un terme souvent utilisé pour décrire une nouvelle triviale». Alors que les journaux britanniques mettaient l’affaire en une dès le jeudi, Libération n'a publié l’information qu'en page 14 et le Figaro en page 8.

Le journal britannique souligne que BFM TV a admis que la presse britannique menait une véritable «course à l’information». C’est, par exemple, le Daily Mail qui est le premier à avoir publié des photos de la scène du crime et d’une victime. Pour les Britanniques, les Français ont observé le travail des journalistes d’outre-Manche avec une «incrédulité, qui, à mesure que les jours passaient, s’est transformée en un mélange d’étonnement et d’admiration».

Selon The Guardian toujours, même le procureur de la République Eric Maillaud «semblait perplexe», répondant plus d’une fois lors des conférences de presse quotidiennes: «Pourquoi est-ce important?».

Sur Le Plus, le site participatif du Nouvel Observateur, le blogueur et consultant Thierry Do Espirito souligne également que la presse britannique a eu une large avance sur le travail des journalistes français. Ces derniers ont rapidement nourri leur travail des informations publiées par leurs collègues d’outre-Manche, pour quatre raisons.

La première est que les médias britanniques savent mieux travailler en équipe, en se partageant notament le coût d’un vol en hélicoptère pour récupérer les photos de la scène. Ensuite, ils sont plus pugnaces que les français, n’hésitant pas à pointer du doigt les incohérences de l’enquête et à poser des questions sur la raison pour laquelle une petite fille de 7 ans a été retrouvée au bout de huit heures sous le corps de sa mère.

Ils sont également plus rapides, quitte à parfois relayer de fausses informations sans avoir pris le temps de les faire confirmer (comme par exemple en affirmant que le père était surveillé par les renseignements britanniques). Enfin, le fait divers est un genre qui a beaucoup plus de succès en Grande-Bretagne qu’en France.

Ludivine Olives
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