Comment Paul Thomas Anderson a loupé le Lion d'Or de la Mostra de Venise avec «The Master»

Joaquin Phoenix dans «The Master»

The Master, le nouveau film du réalisateur américain Paul Thomas Anderson (Magnolia, There Will Be Blood), a reçu, samedi 8 septembre, le prix de la mise en scène à la Mostra de Venise, et les acteurs principaux du film (qui raconte l’histoire de Ron Hubbard, fondateur de la scientologie), Joaquin Phoenix et Philip Seymour Hoffman, ont reçu conjointement le prix du meilleur acteur.

Mais le Lion d'or du meilleur long métrage est allé à Pieta, du cinéaste sud-coréen Kim Ki-duk. Ce qui n’était pas le premier choix du jury, selon le Hollywood Reporter.

D'après des sources interrogées par la revue de cinéma américaine, le jury voulait donner à Paul Thomas Anderson les deux prix qu'il lui a finalement accordés, mais aussi le Lion d’Or, ce qui allait à l’encontre de nouvelles règles fixées par le Festival en 2009: pas plus de deux récompenses majeures pour un même film. A l’issue d’une première délibération, le jury, présidé par Michael Mann, a donc été prié de re-délibérer.

Dans une interview accordée au Hollywood Reporter, Mann explique que le jury a fait de son mieux pour récompenser Paul Thomas Anderson à la hauteur de son talent. «Les règles sont très spécifiques, précise-t-il. Un film ne peut gagner qu’un seul prix. L’exception, ce sont les acteurs. Un film peut avoir un prix pour ses acteurs et un autre prix, mais il ne peut remporter le Lion d’Or et un prix pour les acteurs».

Le jury a donc opté pour le prix de la mise en scène et un prix pour les acteurs, divisant la récompense entre deux acteurs et donnant ainsi plus ou moins trois prix au film.

Le Hollywood Reporter explique que «les prix de Venise ne sont pas importants seulement parce que ce festival est le plus ancien du monde et attire un jury de stars du cinéma comme Michael Mann (Heat, Public Enemies). Les prix, intervenant en amont de la saison des distinctions à Hollywood, sont perçus comme des indicateurs des Oscars». 

Venise n’est pas le seul Festival à imposer des règles relativement strictes quant à la remise des prix. Depuis 1991, année où le Barton Fink des frères Coen fut amplement récompensé au Festival de Cannes (Palme d'or, prix de la mise en scène et prix d'interprétation pour John Turturro), la direction du Festival recommande qu’un film ne puisse plus recevoir qu'un seul des prix du palmarès. Mais des combinaisons particulières sont possibles sur dérogation du président du Festival, comme en 2003 quand Elephant de Gus Van Sant a reçu la Palme d'or et le prix de la mise en scène.

Photo: Joaquin Phoenix dans «The Master»
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Publié le 10/09/2012
Mis à jour le 10/09/2012 à 11h25