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La troïka demande à la Grèce de mettre en place une semaine de six jours de travail

Pauline Moullot, mis à jour le 05.09.2012 à 10 h 54

Euro/DavideOliva via FlickrCC License by

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La troïka pose de nouvelles conditions au sauvetage de la Grèce. Selon une lettre de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI), dont le Guardian publie des extraits, la troïka insiste sur la nécessité d’une réforme du marché du travail.

Elle réclame notamment au pays de rallonger la semaine de travail à six jours. La lettre reproduite en partie par le Guardian indique:

«Mesure: augmenter la flexibilité des horaires de travail: augmenter le nombre maximum de jours de travail à six jours par semaine pour tous les secteurs.»

La troïka demande aussi à ce que l’inspection du travail grecque soit réformée et placée sous supervision européenne. Selon le Guardian, cette lettre révèle en détails l’intrusion de la zone euro dans un système et une culture du travail qui sont vus en dehors de la Grèce comme «dysfonctionnelle».

Le Huffington Post explique que ces demandes interviennent alors que le Premier ministre grec, Antonis Samaras peine à obtenir le soutien de sa coalition. Il a expliqué le 30 août que les mesures d’austérité «douloureuses» qui seront mises en œuvre en 2013-2014 étaient «le dernier paquet de ce type de coupes.»

L’AFP indique qu’Antonis Samaras se rendra à Francfort le 11 septembre pour rencontrer le président de la BCE Mario Draghi. Antonis Samaras souhaite obtenir un délai supplémentaire pour mettre en place les coupes budgétaires de 11,6 milliards d’euro exigées par la troïka.

Le Guardian rappelle que la troïka est en visite en Grèce afin de surveiller la mise en place des mesures d’austérité et décider le mois prochain d’une sortie ou non de la zone euro. Une sortie à laquelle les entreprises américaines installées en Grèce se préparent selon le New York Times.

Le quotidien donne l’exemple de la banque américaine Merrill Lynch qui songerait à envoyer des camions remplis d’argent liquide à la frontière grecque pour que leurs clients puissent continuer à payer leurs employés au cas où il n’y aurait plus d’argent disponible. De même, Ford a configuré ses systèmes informatiques de manière à pouvoir effectuer des transactions immédiatement avec une nouvelle drachme grecque.

John Gibbons, le chef de la trésorerie en Europe pour JP Morgan Chase, explique au New York Times: «On se prépare au pire. On n’a rien à perdre en faisant cela.»

Pauline Moullot
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