Life

Déserts médicaux: l’ordonnance des «médecins twittos»

Jean-Yves Nau, mis à jour le 03.09.2012 à 16 h 51

un médecin. REUTERS/Philippe Wojazer.

un médecin. REUTERS/Philippe Wojazer.

Comment lutter contre l’avancée inexorable des déserts médicaux français? Vingt-quatre médecins viennent, chacun sur leur blog, de formuler une série de propositions originales à l'occasion d'une initiative dissociée de toute forme d’actions syndicales ou ordinales visant le même objectif.

Baptisée #PrivésDeDéserts, l’opération est diffusée via Twitter. Ces «médecins twittos» ne cachent pas vouloir créer suffisamment de bruit pour lancer le débat sur de nouvelles bases; et, incidemment, retenir l'attention de Marisol Touraine, ministre de la Santé.

«Hey @MarisolTouraine si tu cherches des conseillers, c'est par là : http://drfoulard.fr/?p=365 #PrivésDeDéserts», lance lundi @DrFoulard, relayé par une dépêche de l’Agence France Presse. «Médecine Générale 2.0 en France, c'est parti : http://www.atoute.org/n/Medecine-Generale-2-0.html...poke @MarisolTouraine», twitte par sa part @DDupagne

Cette initiative est aux antipodes de ce que préconisent le conseil national de l’Ordre des médecins et le Pr Dominique Perrotin, président de la Conférence des doyens des facultés de médecine. Ces généralistes ne veulent pas de mesures autoritaires («injustes et inapplicables») pour que leurs jeunes confrères aillent exercer leur art loin des villes et des beaux quartiers.

Plutôt qu’à la coercition, leur faveur va à l’incitation qui, seule selon eux, permettra de «sauver la médecine générale en France» et «d’assurer des soins primaires de qualité répartis sur tout le territoire». Dans leur «monde de la santé 2.0», ces médecins préconisent de sortir du vieux «modèle centré sur l’hôpital» et de «réformer profondément la formation des étudiants en médecine».

Parmi leurs préconisations concrètes figure la construction (par les collectivités locales ou régionales) d’un millier de «maisons de santé pluridisciplinaires». Assurant les gardes, ces nouvelles entités se verraient attribuer un statut universitaire. Hébergeant des externes, des internes et des chefs de clinique (3.000 créations de postes), elles deviendraient des MUSt (Maisons Universitaires de Santé) qui constitueraient l’équivalent du CHU pour la médecine de ville. Les médecins libéraux seniors pourraient s’y installer et y enseigner.

Des «chèques-emploi médecin» seraient créés, financés à parts égales par les médecins volontaires et par les caisses, moyen de paiement simplifié de prestataires de services qui libérerait des tâches administratives les médecins isolés.

Selon ces médecins blogueurs, l’ensemble de leurs mesures n’induiront pas de surcoût excessif pour les budgets sociaux. «L’ensemble des besoins de financement sur quinze ans ne dépasse pas ceux du Plan Cancer ou du Plan Alzheimer, assurent-ils. La démographie médicale est un objectif sanitaire d’une importance tout à fait comparable à celle de la lutte contre ces deux maladies.»

Les signataires: AliceRedSparrowBoréeBruit des sabotsChristian LehmannDoc MamanDoc SouristineDoc BulleDocteur MilieDocteur VDominique DupagneDr CouineDr FoulardDr Sachs JrDr StéphaneDzb17EuphraiseFarfadocFluoretteGéluleGenou des AlpagesGranadilleJaddoMatthieu CalafioreYem. Certains d’entre eux sont à l’origine d’une pétition contre les chemises d'hôpital susceptibles de laisser voir les fesses de malades.

Jean-Yves Nau
Jean-Yves Nau (803 articles)
Journaliste
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte