Économie

Les «obligations Bob Dylan» de Goldman Sachs sont mal parties

Temps de lecture : 2 min

Bob Dylan lors d'un concert au Vietnam en 2011. REUTERS/STR New.
Bob Dylan lors d'un concert au Vietnam en 2011. REUTERS/STR New.

Les marchés financiers verront-ils bientôt s'échanger des «obligations Bob Dylan»? Le Financial Times (accès payant) rapportait, vendredi 31 août, les difficultés de lancement rencontrées par un produit financier adossé, entre autres, aux royalties des chansons du musicien américain.

Sesac, une société de Nashville (Tennessee) qui gère les droits liés à l’interprétation des chansons de Dylan (ainsi, nous apprend son site officiel, que de celles de Neil Diamond, Rush, Alan Parsons…) veut émettre, avec l’aide de la banque américaine Goldman Sachs, pour 300 millions de dollars (un peu moins de 240 millions d'euros) d’obligations adossées aux revenus issus de ces droits d’interprétation.

Comme l’explique le quotidien britannique, qui se fonde sur des sources proches du dossier, ces obligations devaient initialement être lancées au début du mois d’août, mais ont été retardées jusqu’à septembre en raison de la méfiance des acquéreurs potentiels —le produit étant réservé à des investisseurs «qualifiés».

Si, comme le note le Guardian, ce projet s’inscrit dans une vague de produits financiers «ésotériques» susceptibles de pouvoir séduire les investisseurs alors que les produits traditionnels rapportent des taux d’intérêt faibles, celui-ci s’annonçait particulièrement mal noté: l’agence Standard & Poor’s lui avait attribué une note de BBB-, un cran au-dessus du statut de junk bond (obligation pourrie). Goldman Sachs a donc décidé de le peaufiner en proposant aux investisseurs deux types de rendement selon le risque qu’ils sont décidés à prendre.

Ce type de produit financier n’est pas nouveau: en 1997, David Bowie avait ainsi levé 55 millions de dollars en titrisant les royalties à venir des 25 albums publiés à ce moment-là de sa carrière.

Si le projet de Goldman Sachs et Sesac échoue, les deux parties pourront en tout cas s’inspirer, pour l’intitulé de leur communiqué, des titres de chansons de Dylan que leur suggèrent le Financial Times: Most Likely You Go Your Way and I’ll Go Mine? When The Deal Goes Down? Tombstone Blues? En tout cas, comme l’explique The Guardian, actuellement ils chantent plutôt Honey, Just Allow Me One More Chance.

Jean-Marie Pottier Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).

Newsletters

Faut-il vraiment se soucier de la dette publique?

Faut-il vraiment se soucier de la dette publique?

Une bonne dette dépend de la capacité d'un État à maîtriser ses dépenses publiques. La France a des lacunes en la matière.

Trump est-il en train de gagner la guerre économique contre Xi Jinping?

Trump est-il en train de gagner la guerre économique contre Xi Jinping?

Alors que les négociations continuent, Trump maintient les droits de douane punitifs à l'encontre de la Chine, qui plie.

L'effet de l'immigration sur l'emploi et les salaires

L'effet de l'immigration sur l'emploi et les salaires

Si elle a en moyenne des effets négligeables, le niveau de qualification des personnes nouvellement entrées sur le territoire explique toutefois certaines disparités.

Newsletters