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La difficile rentrée politique du «père la prudence»

François Hollande, le 14 juillet 2012. REUTERS/Charles Platiau

François Hollande, le 14 juillet 2012. REUTERS/Charles Platiau

Les velléités du président français à tenter de tenir ses promesses de campagne même quand elles étaient démagogiques, l'extrême prudence dont il a fait preuve ces dernières semaines avant d'annoncer vendredi 31 août ses mesures anti-crise à la 66ème foire de Châlons-en-Champagne et la baisse de sa cote de popularité dans les derniers sondages d'opinion suscitent l'intérêt de la presse allemande, qui s'était déjà passionnée pour la campagne présidentielle.

 «À la différence de Sarkozy, qui aimait s'exprimer clairement, Hollande reste prudent. Monarque républicain, il garde ses distances avec la politique quotidienne et met son Premier ministre sur le devant de la scène. Derrière les grands murs de l'Élysée, Hollande se sent bien dans le rôle du «père la prudence». Mais chez les Français, l'impatience de voir ce à quoi va vraiment ressembler le «changement» promis par Hollande est en train de grandir», note le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, qui consacre un article à l'immobilisme du président.

La politique du compromis dont Hollande a jusqu'à présent fait montre sur la scène européenne lui vaut également des inimitiés :

«Ce qui déplaît particulièrement aux socialistes, c'est la rapidité avec laquelle Hollande est parvenu à trouver une position commune sur la Grèce et le sauvetage de l'euro avec la chancelière Angela Merkel. Ils le voyaient plutôt dans le rôle du candidat qui affronte madame Merkel.»

Le FAZ s'agace par ailleurs du fait que «les décisions les plus importantes du programme économique ont été repoussées à l'automne», notamment la présentation du projet de budget de 2013, qui sera sa «plus grande épreuve», estime le quotidien :

«La France doit économiser plus de 30 milliards d'euros l'année prochaine pour parvenir à atteindre, comme promis, un déficit de 3%. Mais jusqu'à présent, Hollande tarde à commencer à faire des économies

Et ce n'est pas avec la baisse du prix de l'essence, le coût de cette mesure avoisinant les 300 millions d'euros pour l'État, selon les chiffres annoncés par la ministre de l'Économie Pierre Moscovici, que cela va s'arranger.

Pour l'hebdomadaire Zeit, cette mesure s'apparente d'ailleurs à un tour de passe-passe, un cadeau fait aux Français dans l'intention de bientôt le leur reprendre:

«Cette perte de revenu doit pourtant être compensée, a dit Moscovici. Où, quand et comment, si c'est via de futures hausses d'impôts ou bien des coupes dans le budget, le ministre n'a pour l'instant rien dit. Il est donc fort probable que les utilisateurs vont recevoir la facture de ce «cadeau».»

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