Monde

Mark Chapman, l'assassin de John Lennon, ne veut pas vraiment sortir de prison

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 30.08.2012 à 15 h 58

Mark Chapman, en mai 2012 (New York City Department of Corrections and Community Supervision).

Mark Chapman, en mai 2012 (New York City Department of Corrections and Community Supervision).

Mark David Chapman, l’homme qui a abattu John Lennon le 8 décembre 1980, n’a pas vraiment envie de sortir de prison, même si a été examinée —et rejetée— récemment une nouvelle demande de libération conditionnelle en sa faveur. C’est du moins ce qu’il a affirmé lors d’une audience devant le New York State Board of Parole le 23 août, dont un compte-rendu écrit a été publié le 29, et relayé notamment par ABC News:

«J’y suis tellement habitué que je peux probablement vous assurer que, si j’étais libéré, je resterais sans doute pile où je suis. Vous savez, une fois que vous passé vingt ans sur un rocher et senti les vagues sur vous sans aller nulle part parce que vous êtes sur un rocher, vous ne voulez pas bouger.»

Chapman a cependant ajouté qu’un pasteur new-yorkais avec qui il avait correspondu depuis la prison lui avait proposé un logement et du travail, qui consisterait dans un premier temps à couper des arbres morts.

Plusieurs médias, dont le New York Times, insistent par ailleurs sur le caractère «effrayant» du récit qu’il a fait de la mort de Lennon:

«J’ai essayé de me convaincre de partir. J’avais l’album [que lui avait dédicacé Lennon plus tôt dans la journée, NDLR], je pouvais le ramener chez moi, le montrer à ma femme, tout irait bien. Mais je me sentais tellement contraint à commettre ce meurtre que rien n’aurait pu m’éloigner de l’immeuble.»

Comme nous l’expliquions le 23 août, la commission de trois membres chargée d’examiner les demandes de liberté sur parole avait noté la bonne conduite de Chapman en prison, mais cela ne l’avait pas empêchée de rejeter sa demande:

«En dépit de vos efforts positifs durant votre incarcération, votre libération porterait grandement atteinte au respect de la loi et tendrait à banaliser la mort tragique que vous avez causée par votre crime haineux, délibéré, violent et froidement calculé.»

Le détenu, qui avait été condamné en 1981 à la prison à vie avec une période de sûreté de vingt ans, devra au moins attendre août 2014 pour éventuellement recouvrer la liberté.

Comme nous le notions à l’époque, Chapman n’est pas le seul condamné célèbre des Etats-Unis à se voir refuser régulièrement sa liberté sur parole: c’est aussi le cas de Sirhan Sirhan, condamné pour l’assassinat de Robert Kennedy en juin 1968 à Los Angeles, de Charles Manson et des autres membres de la Manson Family ou encore du tueur en série David Berkowitz, alias «Son of Sam».

L'intégralité de la transcription de l'audience:

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (944 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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