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Un étudiant américain développe un pistolet qu'on pourra imprimer en 3D soi-même

Annabelle Georgen, mis à jour le 30.08.2012 à 10 h 59

l'imprimante 3D utilisée par Cody Wilson dans sa vidéo de présentation.

l'imprimante 3D utilisée par Cody Wilson dans sa vidéo de présentation.

Développer un modèle open source de pistolet qu'on pourrait imprimer en 3D soi-même: c'est le défi que s'est lancé Cody Wilson, un étudiant en droit de 24 ans vivant au Texas, un des États américains où la législation sur le port d'armes à feu est la plus permissive.

Son but est de réussir à produire une arme de calibre 22 long rifle qui puisse résister à un tir de balle sans exploser dans la main, rapporte l'hebdomadaire Die Zeit. Les imprimantes 3D à usage privé qui sont aujourd'hui sur le marché permettent de construire des objets en plastique tel l'ABS, la substance thermoplastique utilisée pour fabriquer les Legos. Ce matériau étant relativement résistant, le projet, baptisé «Wiki Weapon», a peut-être une chance de voir le jour.

Fidèle à l'éthique du hacker, Cody Wilson veut mettre son mode d'emploi en accès libre sur le net et en open source afin que les utilisateurs puissent le perfectionner. Pour financer son projet, l'étudiant veut récolter 20.000 dollars de dons.

Mais jusqu'à présent, la Wiki Weapon ne suscite pas vraiment l'enthousiasme, si ce n'est celui d'internautes qui rêvent de voir se développer le port d'armes à feu dans leur pays, comme cet utilisateur ayant laissé un commentaire dans la FAQ du site internet de Wilson:

«Super idée, les mecs! Ici en Russie, votre invention pourrait être très utile à cause des restrictions dans le vente et le port de pistolet. Toutes ces restrictions débiles seront bientôt dénuées de sens. […] Je suis définitivement de votre côté. Je vous enverrai bientôt de l'argent.»

Comme l'indique le journal suisse Neue Zürcher Zeitung, la plateforme de crowdfunding Indiegogo, sur laquelle Cody Wilson avait mis en ligne son projet, l'a supprimé peu après que 2.000 dollars ont été récoltés, la direction du site ne voulant pas soutenir la diffusion d'armes.

Pour Frank Rieger, porte-parole du réseau de hackers allemands Chaos Computer Club, cité sur Die Zeit, ce projet est un mauvais exemple des possibilités offertes par la maker subculture qui s'est formée autour de l'utilisation des imprimantes 3D. Pas parce qu'il s'agit d'une arme, mais parce que l'industrie de l'armement a une grande longueur d'avance face à des imprimantes 3D qui ne fonctionnent aujourd'hui qu'avec du plastique.

Et surtout parce que les armes à construire soi-même n'ont rien de particulier en soi: «Avec une lime et un tour, on peut construire un pistolet sans problème», grâce aux informations disponibles depuis des années sur internet, explique-t-il.

Annabelle Georgen
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