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Les mafias profitent de la crise et s'infiltrent dans l'économie légale

Temps de lecture : 2 min

Dollars vus au travers d'une vitre affichant les taux de changes des monnaies. Varsovie, septembre 2011. REUTERS/Kacper Pempel -
Dollars vus au travers d'une vitre affichant les taux de changes des monnaies. Varsovie, septembre 2011. REUTERS/Kacper Pempel -

La crise économique n’est pas un mal pour tout le monde, et selon Roberto Saviano, le journaliste italien auteur de Gomorra, la mafia est en train de s’enrichir et d’infiltrer l’économie légale grâce à la crise. Dans le quotidien La Republicca, Saviano écrit:

«Les capitaux mafieux ne résultent pas seulement de la crise économique mondiale, ils sont aussi et surtout la cause de cette crise, parce qu’ils sont présents dans les flux économiques depuis ses origines. En décembre 2009, le responsable de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, Antonio Maria Costa, a révélé détenir les preuves de ce que les revenus des organisations criminelles étaient les seuls capitaux d’investissements liquides dont les banques avaient disposé durant la crise de 2008, pour éviter l’effondrement».

Il est possible, selon Saviano, qui livre là une passionnante analyse des faits, de savoir exactement à quel moment les organisations criminelles (il cite: «italiennes, russes, balkaniques, japonaises, africaines, indiennes») ont fait leur nid dans l’économie internationale.

«C’est advenu dans la seconde moitié de 2008, quand le manque de liquidité est devenu le problème principal du système bancaire (…) seules les organisations criminelles semblaient avoir d’énormes sommes d’argent comptant à investir, à blanchir».

Saviano cite une enquête colombienne montrant comment l’argent du narcotrafic colombien est blanchi grâce aux banques américaines et européennes, en transformant l’argent en titres électroniques en Chine, passant d’un pays à l’autre et devenant au fur et à mesure non seulement légal mais aussi intraçable.

La banque HSBC a déjà été frappée d'une forte amende via sa filiale mexicaine, condamnée «pour avoir manqué de vigilance contre le blanchiment d'argent sale, en effectuant des transactions suspectes au profit des cartels mexicains de la drogue. Sept milliards de dollars seraient ainsi passés en 2007 et 2008 de la filiale mexicaine à la filiale américaine de HSBC», selon RFI.

Pour Roberto Saviano:

«Ceci ne montre pas seulement qu’en temps de crise, les défenses immunitaires des banques se fragilisent dangereusement, mais aussi qu’au moment de la reprise économique, les capitaux criminels détermineront les politiques financières des banques qu'ils ont sauvées».

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