Monde

À Bonn, les prostituées doivent payer pour faire le trottoir

Annabelle Georgen, mis à jour le 25.08.2012 à 9 h 26

Wiki-prostitute via Seedfeeder sur Wikimedia Commons License by.

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Six euros la nuit. C'est le prix à payer pour les prostituées qui font le trottoir à Bonn, en Allemagne, où la mairie a inauguré l'an dernier un parcmètre d'un genre nouveau, uniquement destiné aux travailleuses du sexe, qui délivre des tickets valables de 20h15 à 6 h du matin. Un an après son entrée en vigueur, cette «taxe sur le sexe» a permis à la municipalité de récolter 35.200 euros, rapporte le quotidien bavarois Süddeutsche Zeitung.

Cette taxe n'a pas seulement été mise en place pour rapporter des fonds à la municipalité, mais aussi et surtout pour son aspect dissuasif, l'ancienne capitale allemande voulant limiter la prostitution de rue. «De telles taxes occasionnent en général de nouveaux frais pour la municipalité, via l'embauche de contrôleurs. C'est aussi le cas à Bonn. Mais d'après les estimations de la ville, les recettes sont plus élevées que les dépenses», note le quotidien.

De nombreux frais ont pourtant été engagés: le parcmètre transformé a coûté environ 4.000 euros et deux postes supplémentaires ont été spécialement créés au service des impôts de Bonn. La ville met également à disposition des prostituées un service de sécurité, ainsi que six «boxes d'exécution», comme on les appelle dans le jargon administratif, des places de parking dans lesquelles les prostituées peuvent se retirer avec leurs clients à l'abri des regards.

Mais celles-ci sont contraintes de travailler uniquement sur le «terrain d'exécution» mis en place par la municipalité en face d'un centre érotique, et sur lequel a été installé le parcmètre, ce afin de satisfaire les habitants qui se plaignaient de la présence de prostituées dans leur rue ou dans leur jardin, comme le rapportait l'hebdomadaire Focus l'an dernier.

Les recettes générées par cette nouvelle taxe sont très en-deçà de ce que rapporte l'impôt auquel sont soumises les prostituées qui travaillent dans les maisons de passe et les saunas érotiques de Bonn depuis janvier 2011, note le Spiegel. Tout simplement parce qu'en Allemagne, où la prostitution est légale, la majorité des prostituées travaillent dans des établissements. Cette taxe s'est chiffrée l'an dernier à près de 250.000 euros.

C'est donc par souci d'égalité que Bonn a instauré cette taxe auprès de la quinzaine de prostituées qui exercent leur métier dans la rue, le ticket étant aux yeux des autorités le moyen le plus approprié, compte-tenu de la «fluctuation» parmi ces dernières et de la difficulté chez celles qui ne parlent pas allemand de remplir une déclaration d'impôts.

Compte-tenu des contrôles fréquents, la majorité des prostituées s'acquittent de leur taxe. En un an, seuls vingt avertissements et sept amendes de 100 euros ont été adressées.

Annabelle Georgen
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