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Les super-héros peuvent améliorer la perception de soi

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 22.08.2012 à 11 h 00

Adam West, interprète de Batman dans la série télévisée de 1966, via Wikipédia, License CC.

Adam West, interprète de Batman dans la série télévisée de 1966, via Wikipédia, License CC.

Tous ces gens qui se baladent en Batman et en Spiderman dans les conventions de comics ne sont pas fous –une étude scientifique américaine leur donne raison, rapporte le site américain Pacific Standard: l’identification avec des super-héros peut avoir des bénéfices psychologiques, voire physiques.

«Les super-héros musclés changent l’image que les hommes se font de leur propre corps», selon des travaux menés à l’université de Buffalo et décrits dans le Journal of Experimental Social Psychology. Que ce changement de perception se fasse de façon positive ou non dépend largement de la connexion psychologique que le fan entretient avec le personnage fictif.

La psychologue Ariana Young et ses collègues ont procédé en choisissant une centaine d’étudiants hommes et en leur montrant des images de super-héros, mettant ou non en valeur leurs muscles selon les cas. A la fin, les cobayes devaient donner une note de satisfaction de leur propre corps.

Les sujets disant se sentir proches des super-héros «émotionnellement» s’attribuaient de meilleures notes que ceux n’éprouvant pas cette «connexion». Ces derniers se comparent aux super-héros (or comment être à la hauteur de Batman?) quand les fans s’identifient aux héros, bénéficiant ainsi de leur aura.

Les sujets devaient aussi serrer un objet qui enregistrait l’intensité de leur force. Ceux qui s’identifiaient avec les super-héros et venaient de voir des images mettant les muscles de ces héros en valeur démontraient aussi davantage de force après avoir serré l’objet:

«Voir la figure à laquelle ils s’identifient exposée de façon costaude les incitaient à aller chercher leur force maximale.»

Pour les chercheurs, il s’agit là d’une explication possible «de l’immense popularité des super-héros dans notre société: pour certains hommes, ces héros remplissent une importante fonction psychologique, celle de faire en sorte qu’ils se sentent mieux dans leur corps».

Mais cela peut aussi se faire au détriment d'une certaine subtilité et avoir des effets psychologiques négatifs. 

La psychologue Sharon Lamb, de l’université du Massachusetts à Boston, s’est ainsi érigée contre la nouvelle génération de super-héros incarnée par Iron Man, qu’elle accuse d’être un mauvais exemple pour les jeunes garçons, incarnant une «masculinité négative». Elle expliquait en 2010, comme nous le rapportions sur Slate:

«Ces super-héros ressemblent trop à des rois de la bagarre qui prennent part à une violence perpétuelle. Ils sont agressifs, sarcastiques, et n’invoquent que rarement le bien de l’humanité. Ces hommes, comme Iron Man, exploitent les femmes, font étalage de leur richesse et canalisent leur virilité dans des pistolets surdimensionnés.»

La psychologue concluait que l’influence de ces héros était alors mauvaise pour leur comportement en société. Si l'influence des super-héros peut être positive sur la perception du corps, elle ne l'est donc pas forcément pour le reste.

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (741 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
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