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Rose et pailleté, le Kinder Surprise «pour fille» fait polémique en Allemagne

Temps de lecture : 2 min

Le Kinder Surprise «pour filles» de Ferrero.
Le Kinder Surprise «pour filles» de Ferrero.

Le lancement d'un œuf Kinder Surprise «uniquement pour les filles» il y a quelques jours en Allemagne a déclenché une polémique, des féministes dénonçant dans les médias le caractère sexiste de la campagne de pub, kitschissime, qui montre une friandise à l'emballage décoré de fleurs, sur fond rose girly criard, paillettes en prime.

Interrogée par le quotidien bavarois Süddeutsche Zeitung, la chercheuse Stevie Schmiedel, spécialiste du genre, dénonce un «apartheid des genres». Cette féministe germano-britannique veut lancer une pétition contre ce qu'elle appelle la Pinkifizierung (littéralement, la «rosification») des jouets et produits pour enfants. «Le rose est associé à ce qui est mignon, intéressé par la mode, sexy. Mais ce qu'une facette de l'identité d'une petite fille», souligne-t-elle.

Plus préoccupant encore est selon elle le jouet-surprise vanté par la pub: une figurine de fée tirée du dessin-animé Winx Club —jambes interminables, longues crinières, mini-jupes, brassières et chaussures à talons. «Ces poupées ont une image totalement sexualisée», dénonce Stevie Schmiedel, qui voit également dans ces figurines une incitation à l'obsession de la maigreur.

Le groupe italien Ferrero, à qui appartient la marque, ne s'est pour l'instant pas exprimé au sujet de cette polémique. Ironie du sort, sur le site internet de Ferrero France, la rubrique destinée à présenter les employés de l'entreprise s'appelle pompeusement «Les Hommes».

Le magazine féminin Emma, fondé par la féministe allemande Alice Schwarzer, disciple de Beauvoir et cofondatrice du MLF, estime que cette «pink hystérie» est dangereuse pour les enfants:

«Une mise en garde concerne en fait tous ces produits: le rose abrutit les petites filles. Parce que pour le bien-être de ses taux de rentabilité, l'industrie pink pollue le cerveaux des petites filles. Il en sort des princesses qui n'ont qu'une seule chose en tête: consommer.»

Mais cet œuf rose est l'arbre qui cache la forêt, déplore la journaliste Daniela Zinser dans les colonnes de la TAZ:

«Il existe désormais aussi des Lego roses et mauves, avec des nouveaux personnages aux traits plus ronds, avec lesquels on peut plus facilement jouer à la famille, au salon de beauté ou à l'écurie à poneys. Et chez Playmobil, il y a également l'hôtel de vacances rose bonbon et le château de princesse. Certainement qu'il y aura bientôt des chocolats pour enfants roses, afin de concurrencer le mauve de Milka.»

Et de conclure, cynique:

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«Écrit avec du vernis rose sur les ongles, sur un ordinateur avec un fond d'écran Hello Kitty. Avec du café à côté, dans une tasse rose à motifs de roses.»

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