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Le coût d’une guerre contre l'Iran inquiète les Israéliens

Temps de lecture : 2 min

Un chasseur F15 de l'aviation israélienne. REUTERS.
Un chasseur F15 de l'aviation israélienne. REUTERS.

En Israël, où comme dans une grande partie du monde l’économie va mal, les citoyens s’inquiètent de plus en plus du coût d’une éventuelle guerre avec l’Iran. Une telle guerre, qui pointe à l’horizon depuis plusieurs mois, et dont la perspective se rapproche avec l’élection présidentielle américaine imminente, pourrait avoir un coût financier très important et faire plonger un peu plus le niveau de vie des citoyens.

Le site américain The Real News explique que les guerres récentes ont coûté des milliards, de même que la reconstruction pour restaurer les zones endommagées, et que c’est ce coût, plus que la possibilité ou la date de la guerre à venir, qui mobilise désormais les esprits. Yoram Ariav, ancien ministre israélien de l’Economie et des Finances, précise:

«La guerre est très chère, à la fois de façon directe –le coût des armes et des logiciels de combat– et de façon indirecte: à travers l’impact sur les foyers, l’économie israélienne et les implications pour l’économie mondiale et le prix du pétrole.»

L’ancien ministre a souligné que pendant la seconde guerre du Liban de 2006 (qui n’avait qu’un seul front), le ministère des Finances avait dû verser au ministère de la Défense une somme de 8,2 milliards de shekels (2,2 milliards de dollars) pour reconstituer des entrepôts en fournitures d’urgence. Le gouvernement a ensuite dû verser 1,75 milliard de dollars pour reconstruire et réhabiliter des infrastructures à la suite des destructions de la guerre.

La guerre à venir impliquerait aussi des renforcements préalables d'équipements: la démultiplication d’abris, la fourniture de masques…

L’ancien ministre Yoram Ariav poursuit:

«Quelqu’un va devoir payer pour tout ça, et ce quelqu’un, c’est la population.»

Le site militant contre la guerre Antiwar.com rappelle que le coût se chiffre aussi en termes de productivité et de manque à produire:

«De nouvelles estimations de Business Data Israël annoncent un coût […] de 42 milliards de dollars juste en dégâts faits à l’économie, prédisant 10 milliards de dollars de pertes en heures non travaillées, 2 autres milliards en coûts militaires et 30 autres en échanges commerciaux perdus.»

Le gouverneur de la Banque d’Israël, Stanley Fischer, s’est exprimé publiquement sur la question, rapporte l’AFP, insistant sur le fait que la banque centrale disposait de réserves financièresNous sommes prêts à affronter les conséquences de n’importe quel événement. Nous sommes prêts pour tous les cas de crises, nous sommes prêts pour une crise majeure, en cas de situation sécuritaire très grave»), tout en restant relativement évasif:

«La responsabilité de n’importe quel pays est d’assurer la sécurité de l’Etat, et s’il est nécessaire de dépenser plus d’argent pour la défense nationale, il faudra le faire, et il faudra payer pour cela.»

Charlotte Pudlowski Rédactrice en chef de Slate.fr

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