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La pilule contraceptive pour les hommes, c'est pour bientôt!

Ludivine Olives, mis à jour le 17.08.2012 à 17 h 48

Test / outcast104 via Flickr CC License by

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Une nouvelle étude scientifique devrait changer le rapport qu’entretiennent les couples avec la contraception. Les chercheurs n’ont jamais été si proche de trouver une pilule contraceptive… pour les hommes.

Une étude publiée dans Cell révèle que des scientifiques ont découvert une molécule capable de baisser le nombre de spermatozoïdes. Ainsi, la molécule JQ1 inhibe la protéine BRDT impliquée dans la spermatogenèse. Par exemple, les souris de laboratoire dont on supprime le gène BRDT sont stériles. Concernant les humains, une étude de 2010 a révélé que les hommes avec des mutations du gène BRDT sont plus susceptibles d'avoir un nombre réduit de spermatozoïdes.

Quand le gène BRDT est mis en contact avec le JQ1, ce dernier supprime temporairement et de manière réversible la spermatogenèse. Cité par Times of India, le scientifique James Bradner co-auteur de l'étude, explique:

«Ce composé provoque une baisse rapide et réversible du nombre de  spermatozoïdes et la motilité des effets profonds sur la fertilité»

Les scientifiques ont donné de 50 à 100 mg/kg de JQ1 à des souris mâles pendant six semaines ce qui a engendré un effet contraceptif total.

La bonne nouvelle est que ces effets sont totalement réversibles. Après l’arrêt de JQ1, la production de spermatozoïdes est redevenue normale. Les souris n’ont eu aucune séquelle et ont même pu, au bout de trois mois maximum, se reproduire. Les souriceaux nés d’une souris ayant eu un traitement au JQ1 se portaient très bien.

Cette étude est la première à être vraiment satisfaisante. The Economist explique que jusqu’à présent les recherches sur les contraceptifs masculins avaient mis l’accent sur les médicaments à base de testostérone. Or cette hormone peut non seulement augmenter le risque de cancers de la prostate mais également altérer le comportement. Plus étrange, les effets contraceptifs de la testostérone ne sont pas uniformes au sein des populations: par exemple, elle semble mieux fonctionner sur les hommes chinois.

Dans un commentaire à Cell, le Docteur William Bremner, un expert en fertilité à l'Université de Washington, explique que cette découverte pourrait permettre à un couple de partager les responsabilités face à une grossesse. Cité par NBC News, il explique:

«Les hommes doivent avoir des occasions supplémentaires de participer à une contraception sûre, à la fois pour leur permettre plus de contrôle sur leur propre fécondité et alléger le fardeau des grossesses non désirées et la contraception des femmes.»

Ludivine Olives
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