France

Nouveaux témoignages sur le vol Paris-Beyrouth dérouté à Damas

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 17.08.2012 à 18 h 38

un avion Air France / husseinabdallah via Flickr CC License By.

un avion Air France / husseinabdallah via Flickr CC License By.

Le quotidien francophone libanais L'Orient-Le Jour revient sur l'incroyable périple de près de 20 heures des passagers du vol Air France reliant Paris à Beyrouth, qui a décollé mercredi 15 août de la capitale française. L'avion a fait deux escales dont une dans un pays en guerre, leur commandant de bord a lancé un SOS et envisagé l'amerrissage d'urgence et l'équipage a dû lancer une quête auprès des passagers pour payer le carburant.

Des troubles ayant éclaté sur la route de l'aéroport Rafik Hariri de Beyrouth, la compagnie avait décidé de dérouter l'avion vers Amman, capitale de la Jordanie. Mais n'ayant plus assez de carburant pour relier l'aéroport, l'appareil a dû demander en urgence à Damas l'autorisation d'atterrir pour faire le plein.

«La situation s'est dégradée rapidement pendant la phase d'approche à Beyrouth, ce qui a conduit la compagnie à décider d'un déroutement sur Amman qui apparaissait alors comme la meilleure solution», a expliqué à l'AFP le directeur de permanence de la compagnie française. Mais ne pouvant obtenir l'autorisation du contrôle aérien du secteur de voler selon une trajectoire directe vers Amman, l'équipage a dû atterrir en Syrie.

Dans L'Orient-Le Jour, une passagère explique l'appréhension qui s'est emparée des voyageurs une fois à Damas:

«Pendant un certain temps, nous avons cru à un détournement de l’avion. Arrivés à Damas, les membres de l’équipage ont d’abord fait un appel aux passagers de la classe affaires en leur demandant de l’argent liquide pour payer le prix du carburant. Puis, l’appel a été étendu à l’ensemble des passagers avant de trouver finalement une solution alternative.»

Air France a arrêté sa liaison avec Damas en mars dernier. N'ayant plus de compte sur place, elle ne pouvait s'acquitter de la facture de carburant —près de 17.000 dollars (13.813 euros). Le Quai d’Orsay serait intervenu pour régler le problème et dissuader les Syriens de monter dans l'avion à l'arrêt sur le tarmac.

«C'était une nuit horrible, raconte une passagère au micro d'Europe 1. On est resté deux heures à Damas avec les fenêtres de l'avion fermées. Le capitaine nous a dit: "ne prenez pas de vidéos, pas de photos".»

Et encore, le choix de Damas était un moindre mal: «Avec l’interdiction de l’espace aérien syrien, explique un passager à L'Orient-Le Jour, il fallait faire un grand détour. Le commandant de bord a constaté qu’il n’avait pas assez de carburant pour traverser toute cette distance. Il a pensé faire un atterrissage forcé en mer.»

Puis, direction Larnaca en Chypre, où les passagers ont été pris en charge par Air France, puis ont redécollé pour... Beyrouth, leur destination initiale où ils ont atterri à 16h38 jeudi. Un jeune homme interrogé par L'Orient-Le Jour a retrouvé sa copine, qui faisait partie des 174 passagers: il lui avait acheté un bouquet de fleurs mercredi... Et un deuxième le lendemain, les fleurs ayant fané avant que l'avion n'atterrisse enfin.

«Nous avons formé un groupe de cinquante personnes et avons adressé une pétition en ligne contre Air France», explique au journal libanais une femme ayant requis l’anonymat. D'autres sont plus compréhensifs. Pour un médecin, «l’équipe d’Air France était remarquable, à la fois affable et ferme pour maintenir le calme. Mais ce qui était impressionnant, c’est le comportement des passagers. Il n’y a pas eu de débordements ni de crise d’hystérie».

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
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