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2012, un mauvais cru pour le champagne

Pauline Moullot, mis à jour le 17.08.2012 à 14 h 48

Bouteille de champagne/WindellOskay Via Flickr CC Licence by.

Bouteille de champagne/WindellOskay Via Flickr CC Licence by.

Le champagne va mal. Le Telegraph rapporte que les conditions climatiques de 2012 (vagues de froid, orages de grêle, pluie…) ajoutées au mildiou devraient diminuer sa production de presque un tiers cette année.

«Un temps doux et humide récemment a provoqué des maladies, […] ça n’a pas été une bonne année pour les producteurs», explique Benoit Gouez, chef de cave à Moët & Chandon au magazine Decanter. Tout a commencé à la mi-avril, quand des gelées ont anéanti quasiment 10% du vignoble. Un orage de grêle début juin a ensuite détruit des productions entières: 1.000 hectares ont été touchés dans la Côte des Bars dans l’Aube, par exemple. Et enfin, le mois de juin le plus pluvieux depuis les années 50 a provoqué une épidémie de mildiou.

Alexandre Bompard, producteur de champagne, raconte au magazine La Vigne:

«Nous avons eu 20 jours de pluie en juin et 320 mm en juin et juillet. On finissait de palisser une parcelle. Le feuillage était sain. Le lendemain, on voyait des taches de mildiou sur feuilles sortir de partout.»

Les champignons de mildiou recouvrent les grappes de raisin et les feuilles de moisissures. S’il s’attaque généralement surtout aux cépages de chardonnay, le pinot noir et le meunier ont aussi été atteints cette année.

Le mauvais temps durant la floraison a aussi ralenti celle-ci, qui a pris plusieurs semaines au lieu de quelques jours, ce qui a provoqué un millerandage. Ce défaut de maturation de la vigne donne des grappes où les grains ont tous une taille et une maturité différentes.

Si la récolte risque d’être diminuée de 30% (le ministère de l’Agriculture a indiqué que les prévisions de production ne seraient que de 2.1 hectolitres, un quart en dessous des moyennes de ces cinq dernières années), Dominique Moncomble, directeur technique au Comité interprofessionnel du vin de champagne, assure pour l’instant que sa qualité «ne risque pas d’être compromise» si le beau temps continue jusqu’aux vendanges, vers le 17 ou le 20 septembre.

«Oui, ça  a été une année difficile, mais c’est ce qui fait le champagne. On ne devrait jamais oublier que c’est une région difficile, c’est aussi ce qui fait l’excellence de ses vins», confirme Benoit Gouez au Telegraph.

Pauline Moullot
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Journaliste
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