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Deux ans de camp pour les Pussy Riot, malgré le soutien de la communauté internationale

Temps de lecture : 2 min

Nadezhda Tolokonnikova, membre des Pussy Riot, escortée par la police avant une audience à Moscou, le 8 août 2012. REUTERS/Maxim Shemetov.
Nadezhda Tolokonnikova, membre des Pussy Riot, escortée par la police avant une audience à Moscou, le 8 août 2012. REUTERS/Maxim Shemetov.

La sentence est tombée: Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 30 ans, et Maria Alekhina, 24 ans, membres du groupe punk Pussy Riot, ont été déclarées coupables de hooliganisme et d'incitation à la haine religieuse par le tribunal de Moscou, vendredi 17 août, pour avoir chanté en février une «prière punk» anti-Poutine dans la cathédrale du Christ-Sauveur. Elles ont été condamnées à deux ans de camp dont, précise l'agence Reuters, seront déduits les six mois déjà passés en détention.

La juge Marina Syrova a déclaré que «Tolokonnikova, Samoutsevitch et Aliokhina ont commis un acte de vandalisme, une grave violation de l'ordre public en faisant preuve d'irrespect évident à l'égard de la société». L’énoncé du verdict et la lecture du jugement ont duré près de trois heures. Autant de temps durant lequel les trois militantes ont souri, loin d’être abattues, derrière leur cage vitrée. A l’annonce de la condamnation, la salle s’est brusquement agitée, un homme hurlant que ce jugement était «honteux».

L'ancien champion du monde d'échecs et opposant russe Garry Kasparov a lui été arrêté devant le tribunal. Une photo de son arrestation a filtré sur le web, montrant le militant se faire emmener de force dans un fourgon de police.

Soutien international sans faille

Les Pussy Riot avaient bénéficié ces dernières semaines d’un soutien international sans faille. Le New York Times rapporte ainsi que, jeudi, des centaines de personnes, surtout des femmes, portant des T-shirts «Free Pussy Riot», s'étaient réunies devant l’Ace Hotel à New York. Le sous-sol de ce dernier accueille souvent des concerts de rock mais cette fois, des artistes et célébrités s’y étaient retrouvées pour défendre la cause des trois jeunes Russes.

Une manifestation avait été organisée en quelques jours grâce au webmaster de FreePussyRiot.org, Robert Lieber, et à la musicienne féministe JD Samson, membre du groupe indépendant Le Tigre. Cette dernière, citée par le New-York Times, expliquait:

«Quand elles ont été emprisonnés, j'ai clairement senti un lien avec elles. […] C’est tellement présent dans mon monde, mon flux Facebook est "Riot Pussy", "Riot Pussy" et "Riot Pussy".»

Les propriétaires du célèbre club CBGB avaient eux mis en vente des tee-shirts dont les fonds iront vers les familles des trois jeunes Russes, tandis que Paul McCartney avait publié une lettre sur son site web où il conseillait à «Nadya, Katya et Masha de rester fortes».

Kathleen Hanna, l’une des fondatrices du mouvement Riot Grrrl, les soutenait. Et Le Monde a publié une vidéo d’un concert de Madonna à Moscou où, lors d’un strip-tease, elle a dévoilé l’inscription «Pussy Riot» dans son dos.

Même si ce soutien international n’aura pas empêché les Pussy Riot d’être condamnées, il aura au moins permis au monde entier de prendre une nouvelle fois conscience du caractère du régime russe. Citée par le New York Magazine, Yekaterina Samutsevich l’expliquait dans son discours de clôture au procès:

«D'une part, nous nous attendons à un verdict de culpabilité. Par rapport à la machine judiciaire, nous sommes moins que rien, et nous avons perdu […] D'un autre côté, nous avons gagné. Le monde entier voit maintenant que l'affaire pénale contre nous a été fabriquée. Le système ne peut pas cacher le caractère répressif de ce procès.»

Les trois musiciennes n’ont pas été surprises par le verdict du tribunal. La preuve? Elles avaient déjà enregistré une chanson en prévision de ce moment, diffusée pour la première fois cette après-midi, après l’annonce de la sentence. Le Guardian a mis en ligne ce nouveau single, Putin Lights Up the Fire.

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