Monde

Grande-Bretagne: une augmentation des suicides liée à la crise

Ludivine Olives, mis à jour le 16.08.2012 à 16 h 01

Le Suicidé, Edouard Manet, wikimedia.

Le Suicidé, Edouard Manet, wikimedia.

En Grande-Bretagne, le nombre de chômeurs a reculé de 5.900 en juillet contre une hausse de 6.000 attendue par les économistes. Sans doute grâce aux JO. Malgré ce bond, la crise est loin d'être terminée. Il reste 2,564 millions de brittaniques sans emploi et la Banque d'Angleterre a revu au début du mois d'aout ses prévisions de croissance en baisse pour 2012. Cette année, la croissance sera quasi nulle.

La crise influe non seulement sur l’économie de la Grande-Bretagne, mais également sur le moral des Britanniques. Une étude scientifique publiée dans le British Medical Journal révèle que les périodes de crise qu'a connu la Grande-Bretagne seraient responsable de près d’un millier de suicides en Grande-Bretagne.

Les chercheurs  des Universités de Liverpool et Cambridge ainsi que la London School of Hygiene and Tropical Medicine ont décidé d’enquêter afin de déterminer si la crise en était la cause.

Ils ont découvert que pour chaque augmentation annuelle de 10% du nombre de chomeurs, le taux de suicide chez les hommes a augmenté de 1,4%. Ainsi, entre 2008 et 2010 il y a eu 846 suicides de plus que la normale chez les hommes et 155 suicides supplémentaires chez les femmes.

Pour Clare Wyllie, à la tête du secteur politique et recherche de Samaritans (centre d’appel pour personne en détresse), cette étude est la preuve qu’il y existe bien un lien entre période de récession et suicides. Citée par The Guardian, elle explique :

«Cette recherche nous donne des preuves crédibles que le taux de suicide en Angleterre est lié à la récession actuelle, nous avons vu les appels de personnes inquiètent par leurs difficultés financières doubler depuis le début de la crise économique. En 2008, un appel sur 10 concernait les questions financières, maintenant c’est une personne sur cinq.»

Elle ajoute:

«La recherche révèle aussi des différences importantes entre les sexes dans le suicide. Samaritans est en train d’étudier comment les attentes sociales contribuent au taux considérablement plus élevé de suicide chez les hommes.»

Pour Ben Barr, du département de Santé publique à l'Université de Liverpool, l'un des auteurs de l'étude, cette hausse du suicide s’explique par les questions de chômage, les soucis financiers, la dette et le coût du logement. Cité par The Guardian, il explique:

«Il y a eu une grande quantité d'éléments de preuve provenant d'autres études et d'autres pays qui montrent que le chômage est un facteur de risque particulier pour le suicide.»

L'Italie et la Grèce également touchés

Le Monde rappelle que l’Italie connaît également ce triste phénomène avec 2,792 millions de chômeurs en juin 2012. Selon le rapport de l'institut de recherche Eures «Le suicide en Italie en temps de crise en 2010», plus de 300 artisans, commerçant, 144 entrepreneurs et personnes exerçant une profession libérale se sont suicidés. Les chômeurs sont très touchés: 362 d'entre eux ont mit fin à leurs jours en 2010, 272 d'entre eux venaient tout juste de perdre leur emploi. Un chiffre en hausse de 52% par rapport à 2005.

La Grèce, avec 1,147 million de chômeurs en mai 2012, connaît elle aussi une vague de suicides depuis 2007. Alors qu’elle détenait l’un des plus bas taux d’Europe en 2004 (3,2 pour 100.000 habitants contre 18 pour la France), elle a connu une augmentation rapide. Atlantico rapporte que de 2010 à 2011, les suicides ont augmenté de 45%. L'association Klimaka, qui a créé en  2007 un numéro d'urgence pour les personnes désespérées, a déclaré qu'en 2009 elle recevait 10 appels par jour contre 25 cette année.

Ludivine Olives
Ludivine Olives (120 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte