Monde

A Hambourg, des jours fériés et des cours de religion musulmans

Annabelle Georgen, mis à jour le 16.08.2012 à 9 h 55

 Mosque in Hambourg / Sethschoen via Flickr CC License By

Mosque in Hambourg / Sethschoen via Flickr CC License By

Bonne nouvelle pour les musulmans d'Allemagne. Après cinq ans de pourparlers avec des organisations islamiques allemandes, la ville de Hambourg vient d'établir une convention qui fixe les droits et les devoirs de la communauté musulmane, annonce le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Si elle est ratifiée par le sénat de Hambourg et qu'une majorité de citoyens du Land de Hambourg se prononce en sa faveur, celle-ci pourrait être appliquée à partir de l'année prochaine, dans un premier temps pour une durée de cinq ans.

Le texte, qui débute par une reconnaissance de valeurs communes, parmi lesquelles l'égalité de la femme par rapport à l'homme, prévoit par exemple de conférer à certaines dates importantes du calendrier musulman –telles la fête du sacrifice, le ramadan et l'Achoura– le même statut que les fêtes religieuses chrétiennes.

Les salariés auraient ainsi le droit de prendre un jour férié à ces dates-là, à condition qu'ils «rattrapent» ensuite leurs heures non effectuées. D'autres aspects de la vie quotidienne sont également abordés dans la convention, tels que l'inhumation de corps sans cercueil dans les cimetières de Hambourg, l'accompagnement religieux dans certains établissements ou la construction de lieux de prière.

Des cours de religion musulmane

L'un des grands changements qu'instaure ce texte est l'entrée des cours de religion musulmane à l'école. L'Allemagne n'étant pas un pays laïque, des cours de religion facultatifs sont dispensés dans les établissements scolaires publics. Dans le Land de Hambourg, comme c'est le cas dans la plupart des Länder allemands, cet enseignement est aujourd'hui uniquement pris en charge par l'église protestante. 

La convention s'appuie pour ce faire sur l'article 7 de la loi fondamentale de la république fédérale, qui stipule que le cours de religion doit être délivré «en adéquation avec les principes des communautés religieuses». Un point qui risque de faire débat par la suite, les musulmans allemands ne disposant pas à l'heure actuelle d'une instance représentative au plan fédéral, tel le Conseil du culte musulman en France, ce qui les empêche d'être reconnus comme une communauté religieuse au sens de la loi.

Si le texte est adopté, Hambourg serait le premier Land allemand à traiter communautés chrétienne et musulmane d'égal à égal. Le Land compte aujourd'hui 130.000 musulmans. Pour le maire de Hambourg Olaf Scholz (SPD), c'est «une évidence», étant donné que la ville avait déjà passé des conventions de ce type avec l'église catholique en 2005 et la communauté juive en 2007.

Deux des cinq organisations musulmanes qui ont été consultées pour établir la convention représentent la communauté alévie, minoritaire au sein de l'islam et de ce fait souvent mise à l'écart. Pour le représentant de l'Alevitische Gemeinde Deutschland, Aziz Alsandemir, cité par le Zeit, l'adoption de ce texte marquerait un grand pas en avant : 

«Avec cette convention d'État, nous sommes en train d'écrire l'Histoire, d'autant plus qu'une telle reconnaissance des Alévis par l'État nous a jusqu'à présent été refusée dans le pays dont nous venons, la Turquie.»

Annabelle Georgen
Annabelle Georgen (343 articles)
Journaliste
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte