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Les détenus de Guantanamo fans du «Prince de Bel Air»

Cécile Dehesdin, mis à jour le 10.08.2012 à 10 h 35

 Le Prince de Bel Air via wikimedia commons

Le Prince de Bel Air via wikimedia commons

Les prisonniers de Guantanamo se font un retour dans les années 90: les détenus se sont pris d'une passion pour Le Prince de Bel Air, la série qui a fait connaître Will Smith en 1990, diffusée jusqu'en 1996 aux Etats-Unis.

Jusque là, les 168 prisonniers qui vivent à Guantanamo depuis plus de dix ans étaient de grands fans de la saga Harry Potter, détronée par Bel Air, dont les six saisons ont été commandées, rapporte le Miami Herald.

La bibiliothèque du centre de détention possède 28.000 livres et vidéos, et c'est Le Prince de Bel Air qui revient le plus souvent dans les emprunts des prisonniers. Un bibliothécaire sous contrat avec le ministère de la Défense précise que, si le Ramadan a ralenti le rythme général de la bibliothèque (les prisonniers passent plus de temps à prier ou à manger et parler ensemble la nuit), les livres de J.K. Rowling ne les intéressaient déjà plus vraiment avant:

«Ils sont passés à autre chose; ça fait plus d'un an.»

La plupart des détenus peuvent regarder la télévision dans une salle commune, quand ils le veulent. Un prisonnier en quartier de haute sécurité peut apprécier Le Prince de Bel Air seul, pendant une à deux heures par jour. Les activités, que ce soit télé, livres, atelier d'art, foot ou autre, sont considérées comme essentielles par les autorités, puisqu'elles permettent de distraire les prisonniers et de réduire les frictions avec les gardes.

En plus de la série de Will Smith, la trilogie des Hunger Games de Suzanne Collins circule à Guantanamo.

Comme l'expliquait Tim Fitzsimons en 2010 lors d'une visite dans la prison, la bibliothèque de Guantanamo sert aussi de lieu d'exposition pour les oeuvres des prisonniers:

Le soldat nous expliqua que ces dessins provenaient du cours d’art visuel des prisonniers. Ceux-ci ont le droit d’y participer en récompense de leur bonne conduite. Certains de ces dessins et de ces peintures sont assez impressionnants. Les prisonniers ont largement le temps de s’entraîner, admit-il.

Le commandant de marine Bradley Fagan, chef du bureau des Affaires étrangères de Guantanamo, refusa plus tard de nous expliquer exactement comment ces dessins étaient analysés. Mais les gardes, à la bibliothèque, nous laissèrent entendre qu’ils étaient passés au crible pour y traquer le moindre renseignement, la plus petite référence violente ou un quelconque message codé.

Cliquez ici pour voir un diaporama de ces œuvres d'art des prisonniers

Cécile Dehesdin
Cécile Dehesdin (610 articles)
Rédactrice en chef adjointe
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