Monde

Wade Michael Page, le tueur néonazi du temple sikh jouait dans un groupe de «hatecore»

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 08.08.2012 à 11 h 49

Album de Definite Hate sur le site du label Antipathy records

Album de Definite Hate sur le site du label Antipathy records

Wade Michael Page, l’ancien militaire de 40 ans abattu par la police après avoir tué six personnes et en avoir blessé trois autres dans un temple sikh près de Milwaukee (Wisconsin) dimanche 5 août, était membre de la scène musicale liée aux «hammerskins», le principal mouvement néonazi américain —un nom qui fait référence au marteau («hammer»), symbole faciste utilisé dans le film The Wall inspiré de l’album du même nom de Pink Floyd.

Ces informations ont été révélées par le Southern Poverty Law Center, un organisme qui étudie les mouvements suprémacistes et racistes américains. Joueur de guitare et de basse, Page était membre de deux groupes, End Apathy et Definite Hate, apparentés au genre surnommé «hatecore» pour les incitations de ses paroles à la haine raciale, écrit le New York Times. Ces deux groupes avaient joué en 2011 lors de la Saint-Patrick dans le cadre d’une réunion de suprémacistes, les Confederate Hammerskins, poursuit le journal.

La musique «est un des piliers de la sous-culture suprémaciste blanche», explique au New York Times Mark Pitcavage, directeur de la recherche à l’ADL (Anti-Defamation League). «Le message peut motiver les gens pour les faire passer à l’action, il les rend fiers d’eux-mêmes et de leur cause. Cela peut augmenter le niveau de colère, et réveiller le ressentiment», poursuit-il.

Le hatecore est un lointain dérivé du punk néonazi britannique des années 1970. Dans les années 1990, le genre est devenu plus lourd et plus sombre, empruntant son style au heavy-métal et incluant des diatribes violentes contre les Noirs, les Juifs et, plus tard, les gays et les immigrés.

Selon un responsable de groupes racistes américains interrogé par le New York Times, «la musique est devenue non seulement l’outil de recrutement numéro un, mais aussi la plus grande source de revenu du mouvement».

«Les paroles, poursuit sur The Daily Beast Heidi Beirich, une responsable du Southern Poverty Law Center, sont très explicites quant à l’urgence de commettre des actes de violence ciblant les minorités».

Selon le Southern Poverty Law Center, le nombre de militants de l’ultra-droite serait en forte augmentation depuis l’élection du président Obama, et la communauté plus désorganisée et décentralisée que jamais.

Jean-Laurent Cassely
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