Life

Les Américains ne marchent vraiment pas assez

Jean-Yves Nau, mis à jour le 08.08.2012 à 10 h 19

Walking  / o5com via Flickr CC License By

Walking / o5com via Flickr CC License By

Les adultes américains marchent un tout petit peu plus qu’il y a cinq ans. Pour autant, du point de vue de la santé publique c’est encore loin d’être le pied. Telle est la conclusion que l’on peut tirer de l’étude consacrée à l’activité physique des citoyens américains rendue publique le 7 août par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) d’Atlanta.

En 2005 ils n’étaient que 56% à marcher activement, au moins dix minutes, une fois par semaine. En 2010 cette proportion est montée à 62%. Or ceci n’est nullement suffisant: moins de la moitié (48%) de tous les adultes américains marchent aujourd’hui suffisamment pour améliorer (ou plus précisément pour simplement entretenir) leur état de santé. Tel est le constat de l’enquête National Health Interview Survey dont les résultats ont été publiés par les CDC.

Pourquoi, dira-t-on, marcher quand ce n’est pas techniquement nécessaire? «Les personnes qui sont physiquement actives vivent plus longtemps et ont un moindre risque de maladies cardiaques, d'accident vasculaire cérébral, de diabète adulte, de dépression et de cancers», rappelle le Dr Thomas Frieden, directeur des CDC.

Dès lors pourquoi ne pas marcher? «Les Américains ont besoin de plus d'endroits sûrs et pratiques pour marcher, où ils se sentent protégés de la circulation automobile et où ils ne craignent pas d'être agressés», souligne le Dr Joan Dorn, responsable de la division activité physique et santé du même organisme.

C’est pourquoi les auteurs de l’enquête recommandent aux responsables locaux et aux communautés d’aménager des espaces tant dans les zones résidentielles que dans les espaces de travail. Il s’agit d’inciter le plus grand nombre à marcher puisque la marche est, aux Etats-Unis, la forme la plus populaire de l’exercice physique des adultes.

Pour l’heure c’est dans l’ouest du pays que les citoyens américains (68%) marchent le plus. On marche un peu plus dans le sud (57% en 2010 contre 49% en 2005). Et on compte, parmi les marcheurs plus d’arthritiques et d’hypertendus que par le passé, un phénomène encourageant qui n’est pas observé chez les diabétiques de type 2.

Le constat des CDC est publié alors que les résultats de multiples études convergent pour conclure qu’une activité physique (même très modérée) fournit de multiples bénéfices physiques et psychologiques. Rappelons ici que les hommes adultes ont besoin d'un minimum de 150 minutes hebdomadaires d'activité physique correspondant à un effort modéré (l’équivalent d’une marche rapide). Les enfants devraient quant à eux y consacrer une heure par jour et tous les jours. On discute encore du temps minimal concernant les femmes.

Aux Etats-Unis la lutte contre l’obésité est devenue une grande cause nationale. Et l’affaire est suffisamment importante pour que les CDC fournissent une série de recommandations pratiques visant à faciliter la marche dans les différents espaces du quotidien et quel que soit l’âge; jusqu’à exhorter les citoyens à réclamer «l'entretien des trottoirs existants et des sentiers pédestres» ainsi que la promotion des chemins de randonnées dotés d’une signalisation claire et des cartes routières.

On incite aussi les salariés à demander aux employeurs de créer et de soutenir des programmes de marche, d’identifier et de faire la promotion de chemins de randonnées autour ou à proximité du lieu de travail et d’aménager dans l’espace professionnel espace pour se pouvoir se doucher et changer de vêtements.

Jean-Yves Nau
Jean-Yves Nau (803 articles)
Journaliste
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte