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Trois ans de camp requis contre les punks russes de Pussy Riot, dans un procès «stalinien»

Pauline Moullot, mis à jour le 07.08.2012 à 17 h 17

Pussy Riot/LorenaCupcake Via FlickrCC Licence By

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Trois chanteuses punk russes du collectif Pussy Riot accusées de «hooliganisme» encourent jusqu’à sept ans de réclusion criminelle. Le procureur a requis mardi 7 août trois ans de camp pour chacune des chanteuses rapporte l’AFP.

Elles avaient chanté une « prière punk » anti-Poutine dans la cathédrale Saint-Sauveur à Moscou en février 2012, un acte qui représenterait une violation de l'article 213 du code criminel russe.

Incarcérées depuis cinq mois, Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 29 ans, et Maria Alekhina, 24 ans, étaient arrivées sur scènes recouvertes d’une cagoule et avaient dénoncé dans leur prière anti-Poutine le soutien de l’Eglise à l’Etat.

Une attitude que le procureur russe a qualifiée de «vulgaire, impudente et cynique» selon l’agence Interfax. Il les accuse de «s’être livrées à une provocation soigneusement planifiée» et de «s’opposer au monde orthodoxe.

Dans leur défense, les chanteuses nient que leur geste ait été guidé par une haine religieuse mais affirme qu’«il y avait du contenu politique dedans» rapporte Frédéric Lavoie, un journaliste québécois de La Presse qui live-tweete le procès.  

L’AFP décrit des débats expéditifs où les accusées sont enfermées dans une cage de verre et maltraitées. «Nous avons été témoins des tortures et de la conduite inhumaine adoptée envers les prévenues: on les a privées de sommeil, on ne les a pas nourries normalement, on les a humiliées», a déclaré une de leurs avocates.

Victime d’un malaise, une détenue a par exemple été obligée de continuer à suivre les débats, dont la durée n’a pas été raccourcie. Une situation «surréaliste» selon la députée britannique travailliste Kerry McCarthy qui a live-tweeté le procès.

Le Guardian rapporte les propos de leur avocat Marc Feygin qui juge le procès stalinien.

«La Russie n’a pas de loi. La Russie n’a pas de système judiciaire (…) Rien n’a changé depuis le régime soviétique

Quasiment inconnues jusque-là, le procès qui leur est intenté les a révélées au monde entier, les observateurs jugeant la réaction des autorités russes disproportionnée par rapport à ce qui leur est reproché. Sting, le chanteur des Red Hot Chilli Peppers, Anthony Kieddis, et Madonna, qui donne un concert à Moscou mardi 7 août, ont notamment pris leur défense.

Selon l’AFP, la chanteuse américaine aurait déclaré à des médias russes qu’elle espérait que: «le tribunal ferait preuve de clémence et que ces femmes seraient bientôt remises en liberté.»

Jeudi 2 août, Vladimir Poutine avait appelé à une certaine tolérance: «je ne pense pas qu'elles doivent être jugées trop sévèrement pour ce qu'elles ont fait».

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