Monde

Le génome de Vivax, parasite du paludisme, mis à nu

Temps de lecture : 2 min

Anopheles albimanus, Via Wikipedia, LicenseCC.
Anopheles albimanus, Via Wikipedia, LicenseCC.

Un groupe de chercheurs indiens et américains ont annoncé dimanche 5 août, sur le site de la revue spécialisée Nature Genetics, être parvenu à décoder le patrimoine héréditaire de Plasmodium vivax. Ce parasite est responsable de l'essentiel des cas de paludisme sévissant en dehors de l'Afrique. Son génome apparaît aujourd’hui nettement plus riche et plus diversifié que celui de Plasmodium falciparum qui est responsable de la majorité des 700 000 morts prématurées dues chaque année au paludisme dans le monde. Cette découverte laisse redouter que P. vivax soit en fait nettement plus résistant que prévu (et notamment que P. falciparum) à l’action des médicaments antipaludéens.

Parce qu’il est, chez l’homme, généralement moins virulent que P.falciparum, le décodage du génome de P. vivax avait été considéré comme moins prioritaire que celui du premier. Comme ses cousins germains ce parasite est transmis par des anophèles (type de moustique) femelles à la recherche de sang humain pour se reproduire. On estime qu’il est à l’origine de 10 à 20% des cas de paludisme en Afrique sub-saharienne. P. vivax est surtout impliqué dans la majorité des cas de paludisme observés au Moyen-Orient, dans le Pacifique Occidental ainsi qu'en Amérique Centrale et du Sud.

Les chercheurs indiens et américains expliquent avoir séquencé le génome de quatre souches de P. vivax (ayant été isolées en Afrique de l'Ouest, en Amérique du sud et en Asie). Le séquençage de leur patrimoine héréditaire montre que ce parasite présente deux fois plus de variété génétique que l'espèce P.falciparum. Cette variété révèle une capacité inattendue à évoluer. Elle démontre aussi que cette espèce est tout particulièrement apte à résister aux nouvelles armes médicamenteuses utilisées pour le détruire. Dirigés par Jane M Carlton (Center for Genomics and Systems Biology, New York University), les chercheurs estiment que cette variété pourrait en outre rendre un peu plus difficile encore la mise au point d'un vaccin préventif efficace.

Dans un second article également publié par Nature Genetics, des chercheurs japonais et américains annoncent quant à eux avoir séquencé le génome de trois souches de P. cynomolgi, un parasite proche de P. vivax et à l’origine d’un paludisme chez les singes asiatiques; une proximité génétique qui pourrait aider à faire progresser la recherche. Ces deux publications surviennent alors que l’on observe, en Afrique notamment, l’émergence de nouvelles résistances de P. falciparum aux médicaments antipaludéens à base d’artémisinine.

Jean-Yves Nau Journaliste

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