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Alerte au «serial infector» dans le New Hampshire

Jean-Yves Nau, mis à jour le 04.08.2012 à 17 h 45

Une seringue de vaccin Eric Gaillard / Reuters

Une seringue de vaccin Eric Gaillard / Reuters

Des milliers de personnes ayant été admises ces derniers mois au Exeter Hospital (New Hampshire) attendent aujourd’hui de savoir si elles sont ou non infectées par le virus de l’hépatite virale de type C. Elles auraient pu en effet être contaminées à partir de seringues manipulées par un technicien désormais désigné comme le «serial infector» rapporte le New York Times. Le FBI, la Food and Drug Administration, les Centers for Disease Control and Prevention d’Atlanta ainsi que divers autres organismes enquêtent sur cette affaire et plusieurs milliers de personnes sont concernées.

Le suspect est connu. Il s’agit de David Kwiatkowski, 32 ans. Ce technicien  est soupçonné d'avoir contracté une infection par le virus de l’hépatite C il y a au moins deux ans. Il est d’autre part poursuivi pour des activités criminelles en rapport avec des trafics de produits stupéfiants. Ce toxicomane aurait agi de telle sorte que des seringues ayant servi à ses propres injections soit utilisées chez des personnes hospitalisées. M. Kwiatkowski a travaillé dans une dizaine d’établissements hospitaliers situés dans huit États. A ce titre il pourrait avoir contaminé des milliers de personnes.

Dans le New Hampshire près de 1.300 personnes ont déjà été testées parmi lesquelles de nombreux employés du Exeter Hospital. Trente ont été testées positives: elles sont infectées par un virus de la même souche que celle dont M. Kwiatkowski est porteur. Quatorze autres ont été testés positives mais avec une autre souche.

Les autorités sanitaires de cet Etat du New Hampshire avaient initialement annoncé leur décision de tester plus de 6000 personnes qui avaient séjourné au Exeter Hospital  au moment où David Kwiatkowski y travaillait. Il semble toutefois que des doublons aient été commis et que ce nombre ne soit pas aussi élevé. Quoi qu’il en soit la procédure de rappel des patients a soulevé de nombreuses critiques. De nouvelles dispositions ont été prises pour mieux coordonner l’opération. L’objectif des autorités sanitaires est de parvenir à fournir au mieux et au plus vite les résultats sérologiques aux personnes concernées. Les prélèvements sanguins devraient commencer dans les prochains jours. Des questions sont d’ores et déjà soulevées quant à la confidentialité des données et aux risques pris lors de ces prélèvements.

A un autre échelon des initiatives sont prises pour que de telles situations ne se reproduisent pas. Le New York Times rapporte ainsi qu’Elenore Casey Crane, co-fondatrice du groupe appelé «Les patients parlent» a lancé un appel à la création d’un registre national. L’idée est que les établissements hospitaliers et les agences sanitaires soient, à l’échelon fédéral, tenus de signaler les antécédents personnels des techniciens médicaux. Elle précise que pour l’heure les employeurs hospitaliers n'ont aucun moyen de savoir si ces personnels ont ou non commis des infractions. Elle observe que les procédures dans ce domaine ne sont pas harmonisées et elle a incité les législateurs des huit Etats à déposer des projets de loi pour exiger que des tests antidrogue soient désormais pratiqués de manière aléatoire deux fois par an chez les techniciens hospitaliers.

«Pourquoi le gars qui se charge de votre voiture chez Home Depot est-il dépisté par rapport à la drogue et pas les hommes et les femmes qui sont présents avec vous quand vous êtes dans la salle d'opération?» demande Madame Crane. Il faut selon elle en finir avec ce qu’elle estime être une culture du secret concernant les travailleurs médicaux.

Pour ses différents emplois les plus récents M. Kwiatkowski avait fait appel à Triage Staffing Inc une agence de placement spécialisée dans le médical. Cette société est poursuivie en justice pour faute professionnelle par un ancien chirurgien cardiaque de Boston. Ce dernier a engagé une action en recours collectif au nom des personnes dont le ministère de la Santé estime qu'elles doivent être testées et de celles qui se savent d’ores et déjà infectées., ainsi que chez les patients qui se savent d’ores et déjà infectés. L’infection par le virus de l’hépatite C peut évoluer en maladie chronique. De même que pour l’hépatite B, le risque majeur est une évolution vers une cirrhose puis un cancer primitif du foie.

Jean-Yves Nau
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Journaliste
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