Economie

La réélection d'Obama dépend de la crise de l'euro

Annabelle Georgen, mis à jour le 18.09.2012 à 17 h 34

Barack Obama dans la roseraie de la Maison Blanche. REUTERS/Jason Reed

Barack Obama dans la roseraie de la Maison Blanche. REUTERS/Jason Reed

Il n'y a aujourd'hui pas de sujet qui ne soit plus important que la crise de l'euro aux yeux du président américain. Si l'euro s'effondre, Barack Obama perdra les élections présidentielles en novembre, prédit l'hebdomadaire allemand Zeit.

«Depuis des semaines, la Maison blanche est en contact étroit avec l'élite dirigeante de l'Europe; entre Washington, Berlin, Paris et Francfort, les téléphones restent rarement silencieux. Il n'y a guère de conférence de presse où le président des États-Unis omet de faire la promotion de la cohésion européenne et du sauvetage de la Grèce et de l'Espagne», note le journaliste Thorsten Schröder, qui considère le souci grandissant d'Obama à l'égard de la crise européenne comme légitime, en raison du risque d'effet domino.

«Si l'Europe implose, l'économie américaine va tomber dans une nouvelle récession – et il y a 100% de chances qu'Obama perde l'élection», explique Doug Elliot, un des membres de l'influent thinktank Brookings Institute, à Washington.

Un avis partagé par le prix Nobel de l'économie Paul Krugman, qui écrit sur son blog:

«Il y a un consensus selon lequel le destin de l'économie américaine, dans les trois trimestres à venir – et ainsi les chances d'Obama d'être réélu – sont dans les mains des Européens.»

L'état de l'économie américaine est en effet le thème de campagne numéro un, les États-Unis étant aujourd'hui confrontés à un taux de chômage atteignant 8,2% et à un secteur industriel en recul. L'Europe n'est pas seulement le partenaire commercial le plus important des USA et son deuxième marché à l'export. Les marchés financiers des deux continents sont aussi étroitement liés. C'est pourquoi chaque revers en Europe menace de détruire la croissance toujours fragile des États-Unis.

Le camp conservateur accuse Obama d'être responsable de l'économie stagnante du pays, arguant que l'«Excuse-Maker-in-Chief», comme le Wall Street Journal l'a récemment surnommé, cherche à rejeter la faute sur les Européens.

C'est d'ailleurs aux États-Unis que se trouve la majorité des économistes, politiques et investisseurs qui prédisent un effondrement de la zone euro – Krugman en tête – comme le montre une infographie publiée par le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. Les Européens, au contraire, portent un regard beaucoup plus serein sur la crise.

Un pessimisme qui s'explique par une divergence de vision entre les deux continents, estime Stormy-Annika Mildner, une des dirigeantes de la fondation allemande SWP, qui travaille sur les relations économiques transatlantiques:

«Les scénarii des Américains sont si sombres parce que l'Europe ne correspond pas à leurs représentations politiques. Les Américains veulent des eurobonds, une union fiscale plus forte, et que les Allemands prennent encore plus le rôle de dirigeants de l'Europe.»

Annabelle Georgen
Annabelle Georgen (343 articles)
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