Life

Google Glass: la vie en réalité augmentée, ce n'est pas si cool

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 03.08.2012 à 12 h 08

Sight - capture d'écran

Sight - capture d'écran

«Comment la réalité augmentée va foutre en l’air votre vie amoureuse»: c’est le titre que The Atlantic consacre à Sight, le petit film de près de huit minutes qui fait son chemin sur les sites spécialisés en technologie et les blogs de geeks. Sight, projet de fin d’études de deux étudiants de l’Académie des arts de Bezalel à Jérusalem, est un film d’anticipation inspiré par le projet Google Glass, présenté cette année par l’entreprise californienne qui souhaite le mettre sur le marché dès 2013.

Dans ce court-métrage remarquablement réalisé, l’entreprise fictive Sight Systems propose des lentilles hyperconnectées, créant une interactivité constante avec les objets et les individus qui entourent l’utilisateur, dans un flux informationnel permanent… Un peu comme les fameuses smart-lunettes de Google, donc.

Dans ce futur proche, la moindre activité quotidienne est «gamifiée»: découpe de rondelles de concombre, cuisson de l’œuf au plat, et surtout organisation d’une date pour le soir même. Car Sight s’amuse à parodier les nouvelles applications fétiches du datasexuel, cet individu qui compile toutes les données relatives à sa vie sentimentale et partage ses succès et «achievements» sur les réseaux sociaux.

Du moment où il faut sourire à celui où il faut proposer à son rendez-vous de boire un dernier vers chez lui, le héros est constamment stimulé, conseillé, encouragé par l’interface de Sight Systems qui ne le quitte jamais, et analyse les moindres réactions faciales de la jeune fille à ses propositions.

La réalité augmentée sera-t-elle aussi invasive, intrusive et finalement inconfortable que dans ce film de fiction? Sa vision du futur connecté est en tout cas à l’opposé de la vidéo présentée par Google sur ses futures lunettes. L’entreprise a au contraire tout fait pour mettre en avant le profit que tirerait l’utilisateur d’une technologie présentée comme discrète et au service de la vie quotidienne.

Ainsi, comme l’indiquait le site All Things D commentant la présentation de Google Glass, les lunettes devraient être pensées comme un instrument d’alerte ou d’informations basiques et rapides, ne notifiant à l’utilisateur, par exemple, que les emails prioritaires de sa boîte. Des essais ont en effet convaincu Google de limiter les sollicitations à l’utilisateur. Reste que Sight aborde un point sur lequel Google ne s'étend pas vraiment: où et quand les utilisateurs de lunettes connectées verront-ils une pub apparaître devant leur rétine?

Jean-Laurent Cassely
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Journaliste
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