Économie

Et si on arrêtait de se moquer des Suisses?

Temps de lecture : 2 min

Somewhere in the Swiss moutains / ArtNow 314 via FlickrCC LIcense by
Somewhere in the Swiss moutains / ArtNow 314 via FlickrCC LIcense by

Au lieu de faire des blagues éculées, les pays européens en crise devraient plutôt étudier le modèle prospère de la Suisse, estime Hildegard Stausberg, correspondante diplomatique du quotidien allemand Die Welt.

Sur un plan économique, la Suisse bat tous les records: avec une valeur estimée à 100 milliards de francs suisses, sa production industrielle, en chiffres absolus, est deux fois plus élevée que celles de Singapour ou de Norvège. Si l'on compare ses exportationss à clles de l'Allemagne en les rapportant à la taille de sa population, elle dépasse la grande championne de l'export de près de 80%.

«En fait, la Suisse elle-même n'est pas riche, elle vit de l'application et de l'ingéniosité de ses citoyens et de sa position stratégique unique au cœur de l'Europe. C'est pourquoi son territoire a toujours été une pomme de discorde entre les grandes puissances européennes, et qu'avant le XXe siècle elle a toujours été envahie et pillée. Elle n'a pu survivre en tant que nation que parce qu'elle a réussi à développer une “idée suisse”, un consensus de base sur l'identité suisse avec son modèle de valeurs spécifique. L'équilibre ténu qui existe entre les différents groupes de la Suisse alémanique et les cantons où l'on parle le français, l'italien et le rhéto-roman en fait partie: la Suisse est la première nation multiculturelle du monde», écrit la journaliste.

Cela n'empêche pourtant pas les querelles internes. Lors du dernier référendum en date, qui proposait de passer de quatre à six semaines de congés payés par an, le non l'a emporté largement sur le oui dans l'ensemble du pays, à l'exception de la partie française, ce qui a valu aux Suisses romands le doux surnom de «Grecs de la SuissA

Hildegard Stausberg balaye également les accusations dont la Suisse est fréquemment l'objet, à commencer celle d'être un paradis fiscal pour Européens fortunés:

«Les étrangers sont venus en Suisse il y a plusieurs décennies, à une époque où l'on ne recevait pas d'argent pour son dépôt, mais où l'on avait à faire à des taux d'intérêts négatifs. Ce qui a motivé cet engagement, c'était toujours l'insécurité politique et économique qui règnent dans de nombreux pays de ce monde –associées à l'inflation, l'étatisation et l'expropriation. En Suisse, en revanche, la situation reste stable. Peut-on lui reprocher cela?»

Elle s'attaque aussi à l'image que se font ses compatriotes de la neutralité de la Suisse, souvent perçue comme une faiblesse sur le plan international:

«Chacun qui, aujourd'hui en Allemagne, parle de la Suisse en des termes négatifs, devrait se remémorer de ce qu'elle a fait autrefois. [Après la Seconde Guerre mondiale], la Suisse a développé une volonté absolue de défense. Dans le cas d'un envahissement par l'Allemagne, il avait été prévu d'abandonner le centre du pays et de se replier dans les Alpes, qui auraient dû être défendues jusqu'au dernier homme.»

Annabelle Georgen Journaliste

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