France

Peut-on encore faire baisser le nombre de morts sur la route?

Jean-Yves Nau, mis à jour le 29.07.2012 à 10 h 56

Tunnel sous le pont de l'Alma, en décembre 2006. REUTERS/Charles Platiau

Tunnel sous le pont de l'Alma, en décembre 2006. REUTERS/Charles Platiau

Nicolas Sarkozy avait promis moins de 3.000 et cela ne s’est pas réalisé: le cap des 4.000 morts prématurées dues à un accident de la circulation n’a pas, en France, été dépassé en 2011. L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) vient de publier ses statistiques définitives d’accidentalité pour l’année dernière: le bilan a été de 3.963 tués, soit un recul que de 0,7 % par rapport à 2010.

La France a ainsi, selon les spécialistes de la mortalité routière de l’Observatoire, atteint un «quasi-palier»:

«Avec 3.992 tués, 2010 avait tout juste franchi en baisse la ‘’barre historique’’ des 4.000 [inédit depuis 1948, alors que le trafic motorisé a depuis lors été multiplié par près de vingt-huit]. La météorologie très printanière du début d’année (2011) est largement en cause. La saison motocycliste a démarré avec un mois et demi d’avance sur la normale, ce qui pèse lourd dans ce bilan.»

Le nombre de décès de conducteurs de deux roues motorisés enregistre une hausse globale de 3%. On peut le dire autrement: pour seulement 2,5 % environ du trafic motorisé, les deux roues représentent 30% de la mortalité des usagers. Dans les autres catégories d’usagers, celle des piétons a, elle aussi, connu une mortalité à la hausse (+7 %, soit 519 tués en tout).

C’est là un phénomène «inquiétant» et «inédit depuis 2007». Du fait de la reprise du transport routier de marchandises engagée depuis 2010, la situation se détériore également dans la catégorie poids lourds. La mortalité à bicyclette est en revanche en baisse (-4,1%). Elle recule davantage en rase campagne (-5,7% ; 83 tués) qu’en milieu urbain (-1,7% ; 59 tués).

Plus généralement l’ONISR enregistre pour 2011 un recul général plus important (et encourageant) des autres indicateurs: -3,4% pour les accidents corporels, -3,8% pour l’ensemble des blessés et -2,3% pour les blessés dont l’état de santé à nécessité une hospitalisation.

La France est passée de plus de 16.000 morts sur ses routes en 1970 à un chiffre légèrement inférieur à 4.000. Est-ce là un palier? Un chiffre incompressible? Arrivant au pouvoir présidentiel en 2007, Nicolas Sarkozy avait  «assigné au gouvernement» un «objectif ambitieux»: faire en sorte que l’on ne dépasse pas les 3.000 morts annuelles. L’ambitieux objectif n’aura donc pas été tenu pour la fin de son quinquennat. Et ce en dépit de  l’accentuation des mesures réglementaires de contrôle à commencer par la multiplication des radars.

On sait depuis longtemps que l’alcool au volant, c’est la mort au tournant. Nicolas Sarkozy avait, fin 2011 annoncé que  la présence d’éthylotest dans chaque véhicule sera rendue obligatoire au printemps 2012. Elle l’a été au 1er juillet mais cette obligation n’entrera vraiment en vigueur qu’à l’automne. Sera-t-elle efficace? Sera-t-elle évaluée? A la différence de son prédécesseur, François Hollande n’a pas fixé personnellement d’objectif à atteindre dans ce domaine. 

Jean-Yves Nau
Jean-Yves Nau (803 articles)
Journaliste
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