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Allemagne: les salaires toujours plus bas à l'est

Annabelle Georgen, mis à jour le 28.07.2012 à 9 h 09

Un sidérurgiste allemand, en 2011. REUTERS/Ina Fassbender

Un sidérurgiste allemand, en 2011. REUTERS/Ina Fassbender

Deux décennies après la chute du Mur, une frontière invisible continue de couper l'Allemagne en deux. Malgré les efforts financiers entrepris à la Réunification pour diminuer le fossé économique qui séparait autrefois les «deux Allemagnes», les salaires continuent de rester plus bas à l'est qu'à l'ouest, et le taux de chômage y est plus élevé.

Selon les résultats d'une étude publiée par Destatis, l'Institut statistique allemand, à laquelle le quotidien d'ex-Allemagne de l'Est Berliner Zeitung consacre un article, près de 11% des salariés allemands gagnaient moins de 8,50 euros de l'heure en 2010. Si l'on prend seulement en compte les cinq Länder de l'ex-République démocratique allemande, ce taux est multiplié par deux.

Sans surprise, la plupart des travailleurs pauvres de l'ouest sont des employés sous contrat «minijob», des emplois à temps partiel rémunérés autour de 400 euros par mois, et qui sont en majorité occupés par des femmes et des non-diplômé(e)s. À l'est, par contre, ce sont chez des employés travaillant à temps plein, en particulier chez des hommes diplômés, que les salaires les plus bas ont été relevés.

Des différences qui s'expliquent en grande partie par le fait que les entreprises qui payent le mieux, les grands groupes d'envergure internationale, sont presque toutes restées à l'ouest. «En Allemagne de l'Est (sic) il y a plutôt des emplois dans les branches qui payent moins en comparaison. […] Il manque les grandes banques, les grandes entreprises du domaine du software et ainsi les emplois mieux payés», expliquait en 2011 Karl Brenke, de l'Institut allemand pour l'économie (DIW), au quotidien de l'ex-Berlin-Ouest Tagesspiegel.

Berlin, avec son taux de chômage de 13%, selon les derniers chiffres publiés par berlin.de, le site officiel de la capitale, est l'un des exemples les plus criants de ces inégalités Est/Ouest. Toutes branches confondues, le salaire moyen d'un Berlinois est inférieur d'un tiers à celui d'un travailleur résidant dans les Länder de l'ouest. Si le nombre des offres d'emploi a doublé la dernière décennie tandis que celui des chômeurs est en nette diminution, le rapport est tout de même extrêmement déséquilibré: en 2011, Berlin comptait 212.000 chômeurs pour 13.389 offres d'emplois non-financées par l'État...

Selon le porte-parole de la Confédération allemande des syndicats Dieter Pienkny, cité sur le Berliner Zeitung, cette situation est en partie liée au choix de l'Agence fédérale pour l'emploi et des agences régionales d'avoir réduit le budget consacré à la formation continue et à la qualification.

Celui de Berlin et de la région du Brandebourg aurait été diminué de 20% ces dernières années. De ce fait, la moitié des chômeurs résidant à Berlin n'ont pas de diplôme, ce qui réduit leurs chances sur le marché du travail.

Annabelle Georgen
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