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Los Angeles interdit les dispensaires de marijuana médicale

Pauline Moullot, mis à jour le 26.07.2012 à 16 h 25

Marijuana médicale/MarkVia FlickrCC LicenceBy

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La foire de Venice Beach à Los Angeles risque bien de perdre un peu de son folklore. Au milieu des musiciens, jongleurs et vendeurs d’art artisanal (qui donnent à la promenade un petit air de fête foraine pour hippies sexagénaires), les bonshommes en costumes vert fluo vont bientôt avoir moins de travail.

Ces panneaux publicitaires humains incitent à rentrer dans des cabinets médicaux en bord de plage, où les médecins ne prescrivent pas que des crèmes contre les piqûres de méduses mais remplissent des ordonnances de cannabis en série.

Au cas où vous ne seriez pas bien sûr des symptômes, des grands panneaux dans la salle d’attente (ouverte sur la rue, pour donner envie au chaland) indiquent quelles cases cocher sur la fiche de renseignements pour avoir le droit au fameux sésame: dépression, maux de tête, insomnie… Il suffit d’un peu d’imagination (des études très stressantes par exemple) pour convaincre un médecin de signer une ordonnance. Et cette situation, légale en Californie depuis 1996, ne plaît pas à tout le monde.

La ville de Los Angeles vient donc de voter à l’unanimité l’interdiction des dispensaires de marijuana médicale au sein de la ville.

Ce sont 762 «pharmacies» spécialisées dans la vente de cannabis qui vont être obligées de fermer, rapporte le Los Angeles Times.

Selon les partisans de cette interdiction, les résidents de Los Angeles sont gênés par la prolifération de ces dispensaires autour desquels le taux de criminalité est important.

Le Washington Post rapporte le cas d’une mère de famille qui se plaint de devoir pousser son enfant au milieu des effluves de cannabis à East Hollywood.

S’il est vrai qu’il peut arriver que la police conseille aux touristes de ne pas s’attarder à Venice Beach après la tombée de la nuit, les dispensaires ne se trouvent pas non plus à tous les coins de rue. A part un ou deux endroits très connus, la plupart sont situés dans des quartiers calmes, entre une épicerie et une boutique de vêtements, et les clients doivent être adhérents à un club (avec carte de membre) pour pouvoir se procurer du cannabis.  

L’interdiction des «clubs de cannabis» n’entraîne pas celle du cannabis médical. Les utilisateurs sont en fait autorisés à cultiver leur propre production et à se l’échanger en club de trois personnes maximum. Non seulement cultiver sa propre marijuana coûterait 5.000 dollars aux patients, explique un gérant de dispensaire, mais si les lampes à UV et un matériel ultraperfectionné ne sont pas nécessaires sous le soleil californien, tous n’ont pas la main assez verte pour produire leur propre cannabis.

170 dispensaires, qui ont signé avant 2008 un accord avec la ville pour rester ouverts plusieurs années, seront épargnés, explique le LA Times.

Seule la marijuana à usage médical est autorisée en Californie. Curieusement, certains ne possèdent pas d’ordonnance et s’en procurent encore grâce aux dealers. La légalisation de la marijuana médicale n’a pas entraîné la fin des réseaux illégaux mais a quand même rapporté deux millions de dollars à la ville de Los Angeles au premier trimestre 2012, rappelle le Daily Beast.

Pauline Moullot
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Journaliste
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