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Effet nocebo: connaître les effets secondaires d'un médicament rend malade

Temps de lecture : 2 min

Drugs and Medications / Rambergmediaimages via Flickr CC License by
Drugs and Medications / Rambergmediaimages via Flickr CC License by

Mal au ventre? Vous laissez fondre un cachet sous la langue. Histoire d’oublier le goût amer, vous vous occupez l’esprit en lisant la notice d’utilisation et les effets secondaires indésirables. Grave erreur! Alors que vous prenez ce médicament très souvent, soudain vous avez l’impression d’avoir tous les symptômes décrits: nausée, cœur qui s’emballe, sueurs…

Eh bien, vous n’êtes pas le seul. Ce phénomène s’appelle l’effet nocebo, inverse de l'effet placebo, et sa découverte est le fruit d’une étude des docteurs Winfried Häuser, Ernil Hansen et Paul Enck. Ce rapport indique que les désagréments dus à la prise d’un médicament seraient amplifiés par la connaissance des effets secondaires.

Discover Magazine recence quelques exemples cités par ce rapport. Dans une étude, 50 patients souffrant de douleurs chroniques au dos ont été divisés en deux groupes avant un test de flexion des jambes. Un groupe a été informé que le test pourrait conduire à une légère augmentation de la douleur, tandis que l'autre groupe a été informé que le test n'aurait aucun effet. Le premier groupe a été incapable de faire autant de flexions que le second.

Certaines phrases des médecins auraient même une incidence sur le traitement de patients, notamment: «Vous devez absolument éviter de soulever des objets lourds, si vous ne voulez pas finir paralysé» ou «Vous êtes un patient à haut risque».

De la même façon, si vous vous entendez dire deux fois dans la journée que vous semblez «fatigué», il est fort probable que vous vous écrouliez dans votre canapé en fin d’après-midi, épuisé.

Mais l'effet nocebo pourrait être nettement plus grave.

The Southern Medical Journal rappelle le cas d’un homme auquel on a dignostiqué un cancer en 1973. On lui a annoncé qu’il ne lui restait plus que quelques mois à vivre. Après sa mort, une autopsie a révélé que sa tumeur ne faisait que 2cm et n’avait pas bougé. L’effet nocebo aurait joué un rôle primordial dans le décès précipité de cet homme.

Des douleurs réelles

The Guardian souligne que l’effet nocebo ne serait pas dans la tête mais aurait réellement un impact physique. La professeure Irène Tracey d’Oxford a publié une étude dans Science Mag qui va dans ce sens. Elle a découvert que lorsque des patients éprouvent une douleur nocebo, l’activité cérébrale correspondante est détectable au scanner IRM. Conclusion? La douleur n’est pas «imaginaire» mais bien réelle.

Dans une étude pour The Journal of Neuroscience, Fabrizio Benedetti de l’université de Turin et son équipe ont réussi à déterminer ce qui transforme «l’attente de douleur» en «perception de la douleur réelle»: la cholécystokinine, qui permet de transmettre des messages entre cellules nerveuses.

Prochaine étape: réussir à réguler la cholécystokinine afin de stopper l’effet nocebo et ainsi réduire la douleur et l’anxiété.

Ludivine Olives

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