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Avec le changement climatique, les ours polaires et les ours bruns se remettent ensemble

Pauline Moullot, mis à jour le 25.07.2012 à 16 h 03

Polar Bear/OrionWiseman Via FlickrCC Licence By

Polar Bear/OrionWiseman Via FlickrCC Licence By

Les ours polaires sont plus vieux que ce qu’on croit, selon une étude réalisée par des chercheurs de l’université de Pennsylvanie rapportée par le LA Times.

L’étude se concentre essentiellement sur les ressemblances entre les ours polaires et les ours bruns, qui n’étaient qu’une seule espèce qui se serait divisée en deux il y a quatre ou cinq millions d’années.

Une étude précédente publiée en avril estimait que cette séparation avait eu lieu il y a 600.000 années seulement, explique le New York Times.

Cette découverte, fondée sur une comparaison d’analyses ADN, permet de mieux comprendre l’évolution des ours polaires aujourd’hui.

Les chercheurs ont séquencé les génomes de trois ours bruns et un ours noir et les ont comparés avec ceux d'un ours polaire d'aujourd'hui et d'un vieux de 120.000 ans, détaille le Christian Science Monitor.

Par exemple les ours bruns d’Alaska ont plus de similarités génétiques avec les ours polaires qu’avec des ours bruns originaires d’autres régions. Pas étonnant alors qu'avec le réchauffement climatique et la fonte des glaces, les deux espèces commencent à se mélanger et à se reproduire.

Christine Cyr Clisset expliquait déjà dans un article sur Slate en mai 2010 que si l'hybridation entre les deux espèces d'ours à l'état sauvage était rare, celle-ci risquait d'augmenter.

Le New York Times compare cette évolution à un couple qui aurait vécu un long et douloureux divorce avant de finir par se remettre ensemble de temps en temps une fois que le divorce est officiellement prononcé.

Stephan Schuster, professeur de biochimie et auteur de l’étude, explique que les changements climatiques entraînent les ours à se croiser.

«C’est peut-être un signe qu’en des périodes très chaudes, les ours polaires ont changé leur mode de vie et sont entrés en contact, et se sont en effet croisés avec les ours bruns (…) Si cette tendance continue, il est possible que dans le futur [les ours polaires] soient obligés de passer plus de temps sur terre , même pendant la saison de reproduction et ainsi viennent en contact avec les ours bruns plus souvent.»  

Cette étude imagine ce qui risque d’arriver aux ours polaires avec le réchauffement climatique. S’ils ont déjà vécu des périodes chaudes et ont survécu, certains pensent qu’ils sont habitués et que ce nouveau changement climatique ne risque pas de les mettre en danger. D’autres, plus pessimistes, soutiennent que ces épisodes de réchauffement ont fait des ours polaires une espèce beaucoup moins diverses que les ours bruns, ce qui la rend encore plus vulnérable.

Les petits de ces ours sont surnommés «ours grolaires» ou «pizzlis», contraction dans un sens et dans l’autre de polaire et grizzlis.

Pauline Moullot
Pauline Moullot (146 articles)
Journaliste
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