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Addiction à Internet: le vrai coupable n'est pas la technologie, mais le monde du travail

Temps de lecture : 2 min

4S / Johan Larsson via Flickr CC Licence By
4S / Johan Larsson via Flickr CC Licence By

C'est devenu un marronnier de la rubrique «technologies». Le vénérable New York Times vient de publier un énième article sur la dépendance des cadres américains aux appareils qui les connectent en permanence à Internet. Un type d’article récurrent qui a le don d’agacer l’éditorialiste de The Atlantic, Alexis Madrigal. «C’est à croire qu’ils cherchent à gagner un prix Pulitzer des opinions préconçues des journalistes sur les méfaits de la communication moderne», raille-t-il.

L'article incriminé interroge des chefs d’entreprises de la Silicon Valley, qui pensent qu’il est nécessaire de débrancher de temps à autre de ses appareils connectés au réseau. Car le besoin maladif de recevoir, par exemple, des alertes annonçant un nouvel email, finit par nuire à la productivité et aux relations interpersonnelles au travail.

Que «dans un secteur où la technologie est souvent vue comme la réponse à tous les problèmes, cette dernière soit de plus en plus perçue comme étant trop puissante, et même addictive» est un drôle de paradoxe, note le New York Times. Et les leaders de l’addiction en ligne –Twitter, Facebook et autres Zynga– participent dorénavant à des conférences autour du thème «avoir une vie équilibrée dans un monde numérique», lors desquelles profs de yoga et sages 2.0 remettent en question le tout techno et la connexion ininterrompue.

Faux problème, juge The Atlantic. Car vraiment, «sommes-nous accro à nos appareils ou simplement inféodés à notre travail?» C’est la question que pose Alexis Madrigal, qui penche plutôt pour la seconde hypothèse:

«La population des classes moyennes supérieures fait plus d’heures au travail et reste plus longtemps connectée qu’auparavant. C’est donc un problème lié à la manière d’appréhender le travail, pas un problème de connexion. Nos connexions permettent aux employeurs de faire travailler leurs employés 24h sur 24, mais c’est notre étrange système politique et culturel qui les autorise à en faire autant.»

La faute au «Great Speed Up», la grande accélération des cadences. Les employeurs demandent plus, mais sans augmentation de salaire. Continuer à écrire des articles pour inciter les gens à «débrancher» ou à ranger leurs gadgets connectés dans le tiroir n’a donc aucun sens. Changer notre relation collective au travail en aurait un. Le multitasking et les smartphones ne sont pas le problème, mais le symptôme.

Jean-Laurent Cassely Journaliste

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