France

Vel d'Hiv: «Un crime commis en France par la France» (Hollande)

Cécile Chalancon, mis à jour le 22.07.2012 à 12 h 23

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François Hollande dans les pas de Jacques Chirac. Le président français a réaffirmé ce dimanche 22 juillet que l'arrestation de milliers de juifs lors de la rafle du Vél d'Hiv, les 16 et 17 juillet 1942, était un «crime commis en France par la France». C'est ce qu'il a écrit en introduction d'un livret publié par l'Elysée à l'occasion de la commémoration dimanche matin de cette rafle.

Ce crime «fut aussi un crime contre la France, une trahison de ses valeurs. Ces mêmes valeurs que la Résistance, la France libre, les Justes surent incarner dans l'honneur».

«Nous devons la vérité aux martyrs juifs du Vélodrome d'Hiver. La vérité c'est que la police française s'est chargée d'arrêter des milliers de juifs [...], la gendarmerie française les a escortés. La vérité elle est dure, elle est cruelle, pas un soldat allemand, pas un seul, ne fut mobilisé.»

François Hollande a voulu rendre hommage à l'action de Jacques Chirac, qu'il a rencontré samedi au château de Bity, en Corrèze:

«La reconnaissance de cette faute a été énoncée pour la première fois, avec lucidité et courage, par le président Jacques Chirac, le 16 juillet 1995.»

Les 16 et 17 juillet 1942, 13.152 juifs de Paris et sa banlieue, avaient été arrêtés, la plupart d'entre eux parqués dans le Vélodrome d'hiver, avant d'être envoyés vers les camps de la mort nazis.

Jacques Chirac avait été le premier à rompre avec la doctrine française qui soutenait que l'on ne pouvait considérer que la France était responsable, arguant qu'il s'agissait de l'Etat de Vichy, qui n'était pas l'autorité légitime de la France (autorité incarnée par le général De Gaulle, à Londres).

Entre François Mitterrand et Jacques Chirac, François Hollande a donc choisi. Mitterrand, ami de René Bousquet, premier Français inculpé pour crime contre l'humanité en raison de la rafle du Vel d'Hiv, avait toujours entretenu l'ambiguïté.

Nicolas Sarkozy, lui, s'était contenté, le 19 juillet 2007, de déclarer que son prédécesseur avait dit «ce qu'il fallait dire». «Il n'y a rien à ajouter, rien à retrancher à son très beau discours.»

Le 10 juillet, Serge Klarsfeld, président de l'Association des fils et filles de déportés juifs de France, avait écrit une tribune dans Le Monde pour appeler François Hollande à être clair et à réaffirmer la responsabilité de la France, l'exhortant de ne pas faire un «retour vers le passé du temps de François Mitterrand et du seul "Etat français"».

«Nous, vieux enfants juifs qui avons vécu la Shoah et qui avons connu les Justes, nous avons confiance dans les gens normaux. Les Justes étaient des gens normaux qui accomplissaient des actes exceptionnels.»

Cécile Chalancon
Cécile Chalancon (99 articles)
Editrice à Slate.fr
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