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Cardiologie: le premier stent vraiment biodégradable est français

Jean-Yves Nau, mis à jour le 22.07.2012 à 10 h 26

La pose d'un stent / Wikimedia Commons

La pose d'un stent / Wikimedia Commons

Si vous-même ou des proches avez eu des problèmes cardiovasculaires, sûrement avez-vous entendu parler des stents, ou ressort, que l'on peut poser si une artère coronaire se bouche: le dispositif métallique, à la fois maillé et tubulaire, introduit dans une cavité naturelle humaine, la maintient ouverte. Il s’agit pour l’essentiel de stents vasculaires. Ils sont introduits dans les artères pour (en cas de plaques d’athérosclérose) faire en sorte que leur diamètre ne soit pas rétréci, et ce afin d’assurer une circulation sanguine normale. C’est notamment le cas au niveau des artères coronaires pour prévenir des crises d’angor ou des infarctus du myocarde.

La pose d’un stent se fait de différentes manières lors d’interventions nommée angioplasties. Celles-ci ont été mises au point il y a trente-cinq ans. Ces dispositifs médicaux ont, depuis, fait l’objet de nombreuses améliorations techniques et sont aujourd’hui très largement utilisés en cardiologie.

C’est une nouvelle étape dans le développement des stents qui vient d’être franchie avec la mise au point d’un modèle entièrement biodégradable. Ce résultat est le fruit des travaux du Pr Antoine Lafont, cardiologue à l’Hôpital européen-Georges Pompidou (HEGP) et du Pr Michel Vert chimiste au CNRS. Ce dernier est un spécialiste des polymères biodégradables.

Le Quotidien du médecin indique que la première pose de ce prototype vient d’être réalisée chez un homme de 61 ans. L’intervention a été réalisée par le Dr Fajadet à la clinique Pasteur de Toulouse. Un autre patient devait être très rapidement implanté à l’HEGP. Une trentaine de personnes devraient recevoir ce stent coronaire en polymère au cours des trois prochains mois et ce dans cinq centres médicaux français, avec les premières évaluations attendues six mois après pour les complications et un an après pour l'évolution de l'artère.

Les concepteurs soulignent qu’il s’agit là d’un modèle «véritablement» biodégradable: il se déconstruit et se démantèle au bout de trois mois, le temps nécessaire et suffisant pour que l’artère retrouve sa configuration et sa tonicité. Les autres modèles ne parvenaient au stade de la dégradation qu’au au bout de deux ans.

Pour les patients, l’avantage est notamment de réduire la prise au long cours de médicaments antiplaquettaires (clopidogrel, aspirine) indispensable à la prévention de nouveaux accidents cardiovasculaires. Seule l’aspirine est nécessaire.

Ce nouveau stent est constitué de polymères d’acide lactique. Pour l’heure, il n’est disponible qu’en une seule taille (11,5 mm de longueur x 3 mm de diamètre). Pour commencer il ne sera implanté sur des lésions coronariennes non compliquées entraînant des rétrécissements de petites longueur.

Cette nouvelle technique d'angioplastie coronaire a été mise au point par Arterial Remodeling Technologies, société cofondée il y a 10 ans par les Prs Lafont et Vert. «C’est un produit indépendant de l’industrie américaine, précise le Pr Lafont. Nous avons reçu 17 millions d’euros en 10 ans, c’est un budget très modeste pour atteindre l’étape critique de l’évaluation chez l’homme par rapport à ce qui est investi par les grands fabricants industriels; nous sommes reconnaissants aux investisseurs français publics et privés.»

 

Jean-Yves Nau
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Journaliste
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