Monde

En Arizona, un détecteur de mensonges pour repérer les clandestins

Pauline Moullot, mis à jour le 19.07.2012 à 16 h 26

US/Mexican Border/DerrickMealiffe Via FlickrCC Licence by

US/Mexican Border/DerrickMealiffe Via FlickrCC Licence by

Le département américain de la sécurité intérieure teste une nouvelle manière de repérer les clandestins qui voudraient passer la frontière.

Un détecteur de mensonges a été mis en place à Nogales en Arizona, rapporte le Daily Beast. La machine, qui ressemble à un gros distributeur de billets, pose des questions aux candidats à l’immigration et analyse ensuite leurs réponses. Un officier équipé d’une tablette reçoit ces résultats et une couleur verte, jaune ou rouge lui indique la fiabilité de leurs réponses.

La machine est pour l’instant testée sur des candidats «de confiance» qui traversent la frontière régulièrement et veulent éviter les longues files d’attente. Le département de la sécurité intérieure et Aaron Elkins, un chercheur qui a mis au point la machine, comptent l’utiliser systématiquement dans le futur pour protéger la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique.

Elle pourrait aussi servir plus largement lors de sélection d’emplois, la protection d’immeubles et pour assurer la sécurité lors d’événements athlétiques majeurs.

L’article d’investigation du Center for Initiative Reporting explique que cette «technologie appartient à un champ de recherche connu comme une "estimation de crédibilité", qui cherche à capter des indices physiologiques que l’on donne émotionnellement et cognitivement: la température faciale de quelqu’un qui a des faux-papiers, la posture anxieuse d’un transporteur de drogues, le cœur qui bat d’un terroriste en herbe».

Selon le chercheur, il faut plutôt parler de «détections d’anomalies» et pas de détecteur de mensonges.

Les défenseurs de la machine soutiennent qu’elle aide à faire la différence entre quelqu’un qui cherche vraiment à dissimuler quelque chose et quelqu’un qui est juste pressé. La machine interpellera les candidats par le biais d’un avatar programmé pour poser toutes les questions exactement de la même manière. Un processus qui évitera que les réponses d’un candidat soient affectées par les sautes d’humeur d’un officier humain…

Mais les détracteurs du détecteur de mensonges s’inquiètent du fait que quelqu’un qui est juste très stressé pourra être accusé de vouloir franchir la frontière illégalement. Selon Ginger Mc Call, cette machine est inefficace car «si vous avez déjà un officier qui observe chaque personne qui passe  la frontière, pourquoi ne pas arrêter d’utiliser la machine et faire en sorte que le voyageur interagisse directement avec cet officier».

Washington a déjà investi 37 millions de dollars dans ce projet sur lequel la sécurité intérieure travaille depuis cinq ans.

La protection de la frontière en Arizona est un sujet sensible aux Etats-Unis. Le 25 juin, la Cour Suprême fédérale a rejeté en grande partie une loi votée par l’Arizona qui interdisait aux sans-papiers de travailler et autorisait la police à arrêter les immigrants clandestins pour les expulser sans qu’ils aient commis de crime.  

Pauline Moullot
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