Monde

Drones: des familles de victimes américaines poursuivent le gouvernement

Grégoire Fleurot, mis à jour le 19.07.2012 à 10 h 35

Drone américain de type predator, Turquie le 24 septembre 2011. REUTERS/Ho New

Drone américain de type predator, Turquie le 24 septembre 2011. REUTERS/Ho New

Les familles de trois citoyens américains qui ont été tués dans des attaques de drones de leur propre pays au Yemen ont porté plainte contre des haut responsables de la CIA et du Pentagone.

Le clerc Anwar Al-Awlaki, un membre d’al-Qaida né au Nouveau Mexique, son fils de 16 ans Abdulrahaman, né au Colorado, et Samir Khan, un citoyen américain naturalisé, ont été tués dans deux attaques de drones à l’automne dernier. Al-Awlaki avait été ajouté à la «kill list» américaine après avoir été lié à une tentative d’attentat sur un avion à destination de Detroit le 25 décembre 2009.

Le Guardian rapporte que le père d’Al-Awlaki et la mère de Khan ont déposé la plainte, estimant que les assassinats violaient le droit fondamental à la vie garanti à tous les citoyens américains. Leur action en justice vise le secrétaire à la Défense Leon Panetta, le directeur de la CIA David Petraeus et deux commandants militaires.

Pardiss Kebriaei, un avocat du Center for constitutional rights, a déclaré à la BBC:

«Il y a quelque chose qui cloche terriblement quand un garçon américain peut être tué par son propre gouvernement sans qu’aucun compte ne soit rendu ni aucune explication donnée.»

L’administration Obama a toujours cherché à éviter de se prononcer sur la légalité des attaques de drones, alors même qu’elles sont devenues un sujet de débat central de la politique de sécurité nationale américaine. Si le procès pourrait finalement forcer le gouvernement à donner une position officielle sur la question des attaques de drones, le New York Times souligne que la plainte rencontrera de nombreux obstacles avant d’en arriver là.

Le département de la Justice pourrait par exemple demander à un juge de la rejeter parce qu’elle nécessiterait de divulguer des secrets de sécurité nationale. Si la plainte est reçue, la défense pourra invoquer l’«immunité qualifiée», qui protègerait les hauts responsables parce qu’ils n’ont pas violé de «loi clairement établie.»

La CIA, le Pentagone et le département de la Justice américain n’ont pas encore réagi à la procédure.

Grégoire Fleurot
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