Un scientifique décide de se suicider pour mieux ressusciter

brain / Aban Nesta Via FlickrCC Licence by

Ken Hayworth a une seule obsession depuis des années: devenir immortel. Ce scientifique passe ses journées au sous-sol de l’université d’Harvard à préparer… son suicide.

Passionné par le fonctionnement du cerveau, il a partagé avec Chronicle un plan qui lui permettrait de ressusciter:

«Nous allons conserver un cerveau, le découper, le recréer sur ordinateur par simulation, et le raccorder à un corps de robot».

Une tâche ardue quand on sait qu’un morceau de tissu cérébral humain de la taille d’un dé à coudre contient environ 50 millions de neurones et près de mille milliards de synapses, précise le site.

Mais pour cela, le propriétaire du cerveau doit avant tout… mourir.

Plutôt que devenir «très vieux ou très malade» Ken Hayworth préfère avoir le choix de dire adieu à ses proches et se rendre à l’hopita,l où il imagine que la procédure se passerait.

«Si votre corps cesse de fonctionner, il commence à se détruire, il faut donc stopper les enzymes qui détruisent le tissu.»

Si tout se passe selon son plan, explique-t-il, «je serai un fossile parfait.»

Le plan? Vider l’eau et la moelle épinière de son cerveau et les remplacer par une résine en plastique pur. Chaque neurone et synapse de son système nerveux central sera protégé jusqu’à l’échelle du nanomètre. Son cerveau physique sera détruit mais son connectome (le plan de toutes ses connections) sera conservé. Pour beaucoup de scientifiques, le connectome contiendrait la conscience.

D'après Ken Hayworth, dans cent ans les scientifiques seront capables de déterminer la fonction de chaque neurone et synapse et ainsi de construire une simulation sur ordinateur de l'esprit. Et puisque le processus de plastination aura conservé les nerfs rachidiens, il espère que l'esprit généré par ordinateur pourra être connecté à un corps de robot.

Un projet délirant d'un scientifique brillant

Si beaucoup de scientifiques jugent ce projet complètement fou, d’autres saluent son courage. Mais tous s’accordent sur un point: Ken Hayworth est brillant.

Ce scientifique a fait de la recherche à la NASA durant quatre ans avant de rejoindre, en 2003, l'Université de Californie du Sud pour commencer un projet de recherche sur le cerveau. Irving Biederman, professeur de neuroscience y donne des cours. Il explique au Chronicle:

 «Il était clair pour tout le monde dans le département que Ken est un ingénieur extraordinaire, un scientifique qui étudie les choses en profondeur et un penseur créatif.»

Il est désormais particulièrement reconnu dans le milieu des transhumanistes. L’Illustré rappelle que, dans les laboratoires de la Brain Preservation Foundation, à Harvard, Ken Hayworth a mis sur pied un procédé chimique de conservation du cerveau à l’échelle du nanomètre qui a fait ses preuves sur les souris. Une avancée extraordinaire.

Et une chose est sure, Ken ne compte pas s’arrêter là:

«La condition humaine m'énerve. Nous avons une durée de vie très courte. Peut-être qu’il y a des gens brillants qui pensent [que mourir] "c’est simplement la condition humaine. Nous devons l’accepter." Mais je ne suis pas comme eux.»

Photo: brain / Aban Nesta Via FlickrCC Licence by
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Publié le 17/07/2012
Mis à jour le 17/07/2012 à 18h47