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Naomi Kutin, 10 ans, juive orthodoxe et fille la plus forte du monde

Temps de lecture : 2 min

Capture d'écran de YouTube
Capture d'écran de YouTube

La fille la plus forte du monde est une juive orthodoxe de 10 ans de Fair Lawn, dans le New Jersey, et peut soulever plus de deux fois son poids, rapporte le magazine américain Jewish Daily Forward.

Naomi Kutin, qui va bientôt rentrer en sixième, a établi le record du monde pour les femmes dans sa catégorie de poids (elle pesait alors 44 kg contre 45 kg aujourd’hui) en janvier dernier en soulevant un peu plus de 97 kg en squat lors d’une compétition au Texas, battant ainsi des concurrentes parfois âgées de plusieurs dizaines d’années de plus qu’elle.

Naomi, qui mesure à peine 1m50, s’entraîne dans le sous-sol de la maison familiale où est accroché un panneau «Sans Peur». Elle a commencé à soulever de la fonte il y a deux ans quand son père l’y a initiée après s’être rendu compte qu’elle dominait les garçons dans ses cours de karaté.

Ed Kutin n’est lui-même pas étranger à ce sport qu’il a découvert sur le campus du Massachusetts Institute of Technology (MIT) où il a étudié. Il détient lui aussi plusieurs records nationaux. «Les Kutin ressemblent un peu trop aux Indestructibles», la famille de super héros animés, plaisante le site Jezebel. Mais les parents de Naomi font attention aux potentiels effets de l’haltérophilie sur leur enfant, même si Ed estime qu’il ne s’agit que de «contes de grands-mères».

Le principal obstacle à la pratique de leur fille se situe plutôt du côté de la religion. Dans la plupart des compétitions, les femmes et les adolescents passent le samedi et les hommes le dimanche. Comme la famille ne peut pas concourir pendant shabbat, Naomi bénéficie de dérogations et soulève ses haltères au milieu des hommes musclés et tatoués. «C’est une vision inhabituelle pour nous, raconte sa mère au Forward. On ne voit pas vraiment ça à la synagogue.»

Si Naomi est sans doute la seule jeune «orthodoxe moderne» haltérophile, elle est loin d’être la seule juive dans ce sport, souligne le magazine. Doug Heifetz, un rabbin qui a aussi gagné des médailles en soulevant des haltères, donne son explication:

«Je pense que notre tradition nous entraîne à l’équilibre et à la robustesse, et le corps fait partie de ça. Il y a beaucoup de références à la force et aux mouvements du corps dans notre spiritualité.»

Grégoire Fleurot Journaliste

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