France

Interview du 14-Juillet: Hollande réagit au plan de suppression d'emplois de PSA

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 14.07.2012 à 18 h 46

François Hollande, Jean-Marc Ayrault et Jean-Yves Le Drian (ministre de la Défense) sur les Champs Elysées pour le défilé du 14-Juillet. Benoit Tessier / Reuters

François Hollande, Jean-Marc Ayrault et Jean-Yves Le Drian (ministre de la Défense) sur les Champs Elysées pour le défilé du 14-Juillet. Benoit Tessier / Reuters

Après avoir passé en revue les troupes françaises lors du traditionnel défilé militaire du 14-Juillet, François Hollande a répondu durant trois quarts d’heure aux questions de Laurent Delahousse (France 2) et de Claire Chazal (TF1).

Renouant avec une tradition abandonnée par son prédécesseur, le président a néanmoins innové en choisissant l’Hôtel de la Marine et non l’Elysée pour ce premier point d'étape télévisé.

Le plan de PSA est «inacceptable»

Réagissant au plan de suppression de 8.000 emplois annoncé cette semaine par l'entreprise PSA, François Hollande a jugé que ce plan n'était «pas acceptable». «[...] Donc il ne sera pas accepté» par l’Etat. «Il y a eu un mensonge» de PSA, a-t-il estimé, la direction de Peugeot «ayant nié qu’elle était dans la réflexion de ce plan».

«C’est trop facile de dire que c’est la faute du coût du travail», a-t-il poursuivi. «Il y a eu des choix stratégiques qui n’ont pas été bons […], des comportements d’actionnaires qui se sont partagés des dividendes» alors qu’il fallait investir dans l’entreprise, a-t-il aussi précisé.

Le président a annoncé ses pistes pour le redressement productif: concertation, plan stratégique pour l’industrie automobile, mécanismes d’incitation pour l’achat de véhicules produits en France, aide à la recherche et au développement. Des mesures qui seront détaillées dès le 25 juillet.

«L'effort juste» en ligne de mire

Car «l’Etat peut avec ses moyens», a rappelé le président en réponse à une évocation par Claire Chazal de la célèbre phrase de Lionel Jospin, alors Premier ministre, «L'Etat ne peut pas tout», prononcée en 2000 à propos de son impuissance à empêcher les licenciements chez Michelin. Sans promettre le maintien des salariés de PSA sur le site d'Aulnay, Hollande a affirmé que ce dernier garderait sa vocation industrielle.

Pour conduire «l’effort juste» et redresser la compétitivité et les finances du pays, le président a voulu ensuite rassurer les classes moyennes: «nous n’allons pas nous diriger vers ces catégories-là», mais vers les catégories les plus favorisées «qui ont reçu beaucoup du gouvernement précédent».

Les secteurs prioritaires de l'éducation, de la justice et de la sécurité ne connaîtront pas de réduction de leurs effectifs. En revanche dans les autres ministères, tous les fonctionnaires qui partent à la retraite ne seront pas remplacés, a indiqué François Hollande.

L'affaire du tweet survolée

Enfin le président ne pouvait échapper à la question sur le «tweet» de sa compagne, seul véritable écart de conduite dans l'exercice exemplaire de la présidence qu'il avait promis à ses électeurs. Une affaire survolée sur laquelle François Hollande a semblé prendre de la hauteur en restant vague, affirmant ne pas penser à un statut pour la première dame qui permettrait de préciser son rôle. «Je suis pour une claire distinction ente vie publique et vie privée, a-t-il déclaré. Je l’ai dit à mes proches pour qu’ils acceptent ce principe».

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
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