Monde

La ségrégation raciale existe encore à bord des bus américains

Pauline Moullot, mis à jour le 13.07.2012 à 16 h 16

LA Bus/BiofriendlyVia FlickrCC Licenceby

LA Bus/BiofriendlyVia FlickrCC Licenceby

La stigmatisation raciale dans les transports publics américains est toujours aussi forte.

The Atlantic s'interroge sur la politique de «gentryfication» des bus que les villes américaines devraient mettre en place. Depuis la fin de la ségrégation, les noirs sont encore les principaux usagers des bus américains.

A Los Angeles, 92% des passagers sont des personnes de couleur dont les revenus annuels ne dépassent pas 12.000 dollars. Le Los Angeles Times rapporte l’expérience de Jacqueline Carr, qui raconte dans son blog - Snob On A Bus– comment elle a été forcée d’abandonner la voiture et de prendre le bus en 2009.

«Je pensais que j’étais trop bonne pour le bus (…) Je pense qu’il y a une compréhension et une construction sociale qui implique que si tu prends le bus, c’est parce que tu n’as pas d’argent. Il y a un niveau social. Evidemment j’approuvais cela

Non seulement ce problème ne s’est pas arrangé, mais il se serait même aggravé avec le temps. Alors qu’en 1977, les minorités ethniques représentaient 21% des usagers, ce pourcentage a bondi à 69% en 1995.

A Atlanta par exemple, le système de transports public MARTA (pour Metropolitan Atlanta Rapid Transit Authority) a été surnommé «Moving Africans Rapidly Through Atlanta» (Transporter les Africains rapidement à Atlanta).

Chicago Mag rapporte une scène jouée par la comédienne Maria Bamford qui prend le bus à Los Angeles.

«Quelque chose qui inquiète vraiment les gens c’est que j’ai commencé à prendre le bus.

-Où es tu?

-Dans le bus.

-Oh mon dieu. Qu’est-il arrivé à ta voiture?

-Rien. J’avais juste envie de prendre le bus.

-Tu veux qu’on passe te chercher?

-Non… Je suis dans le bus.

-Maria… T’es sûre que ça va?

-Je ne sais plus».

Et cette situation n’est pas près de changer. The Atlantic explique que des nouvelles lignes de bus sont parfois créées. Mais puisque rénover les bus coûte cher, les usagers occasionnels ne sont pas prêts à payer puisqu’ils n’en ont pas vraiment besoin. Alors que les autres doivent accepter que les tarifs augmentent et que les bus ne s’améliorent pas car de toutes façons ils n’ont pas d’autre choix que de les prendre.

A Los Angeles, il y a 7% moins de bus en service mais les tarifs ont augmenté de 44% ces quatre dernières années.

Pauline Moullot
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