Life

Un parcours de golf à un trou dans les ruines de Detroit

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 12.07.2012 à 11 h 25

I Heart the D Golf Invitational - Fox 2 News - capture d'écran

I Heart the D Golf Invitational - Fox 2 News - capture d'écran

A 46 ans, le journaliste de Fox News Charlie LeDuff, prix Pulitzer 2001, a relevé le défi ardu de l'émission I Heart the D Golf Invitational: faire de la ville de Detroit son terrain de golf à un trou. Le journaliste a parcouru toute la ville sur près de 30 kilomètres, escaladé des centaines d'obstacles et tapé 2.575 fois dans sa balle pour l'accompagner jusqu'au club de golf de Belle Isle, son «green» final situé au sud de Detroit. 

«A présent, je réalise que ça pourrait bien être l'idée la plus stupide que je n'aie jamais eu», admet dans un éclair de lucidité notre journaliste de l'extrême. «Il fait 38 degrés, je suis habillé en noir et je ne sais pas jouer au golf. Mais je suis dévoué à mon projet car on parle de réinventer la ville», confie-t-il ensuite. 

Mais au-delà du défi stupide digne d'une épreuve d'Intervilles, le challenge du journaliste vedette est aussi le moyen d'explorer les ruines industrielles de cette ville fantôme et d'aller à la rencontre de ses habitants. Car le berceau américain de l'industrie automobile est devenu emblématique des shrinking city du nord des Etats-Unis: ces villes manufacturières qui rétrécissent et perdent jusqu'à la moitié de leurs habitants, un phénomène aggravé et accéléré par la crise de 2008.

Usines (comme celle de Packard), gares (la fameuse Michigan Central Station), entrepôts, théâtres et même parties entières du centre-ville ont été abandonnés, comme en témoigne ce diaporama réalisé pour Time par Sean Hemmerle. Un environnement post-apocalyptique, admet le photographe auteur de cette série angoissante. Et il y a fort à parier que le pari de Charlie LeDuff n'aurait pu être tenu dans une autre ville que Detroit.

Au cours de son périple, le street-golfeur amateur rencontre les habitants de quartiers pavillonnaires délaissés par la municipalité, se fait le porte-parole de la détresse des citoyens et croise même un touriste chinois venu photographier l'usine Packard en ruines, symbole de la récession américaine. Une forme de tourisme urbain et de crise appelé à se généraliser?

Jean-Laurent Cassely
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Journaliste
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