Economie

PSA va supprimer 8.000 emplois en France et fermer son usine d'Aulnay-sous-Bois

Grégoire Fleurot, mis à jour le 12.07.2012 à 10 h 16

A l'usine PSA Peugeot Citroën de Coventry le 19 avril 2006, REUTERS/Darren Staples

A l'usine PSA Peugeot Citroën de Coventry le 19 avril 2006, REUTERS/Darren Staples

Le groupe PSA Peugeot Citroën a annoncé dans un communiqué de presse publié en préambule d'un comité central d'entreprise, jeudi 12 juillet, l'arrêt de la production dans son usine d'Aulnay-sous-Bois en 2014 et la suppression de 8.000 emplois en France. Ces mesures font suite à la «contraction durable des marchés européens» et au résultat net négatif du premier constructeur automobile français au premier semestre 2012.

Philippe Varin, le président du directoire du groupe, déclare dans le document:

«Je mesure pleinement la gravité des annonces faites aujourd'hui ainsi que le choc et l'émotion qu'elles provoquent dans l'entreprise et dans son environnement. L'ampleur et le caractère durable de la crise qui affecte notre activité en Europe rendent désormais indispensable ce projet de réorganisation qui nous permet de dimensionner notre capacité de production à l'évolution prévisible des marchés. Nous avons la volonté de mettre en œuvre les mesures proposées dans le cadre d'un dialogue social exemplaire et dans le profond respect de nos valeurs.»

Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT, a qualifié l’annonce de «séisme» sur France Inter, et assuré qu’il n’allait «pas prendre pour argent comptant cette annonce brutale de suppression d’emplois». Il a déclaré que PSA ne parlait pas des intérimaires et des sous-traitants:

«Dès lors que Peugeot annonce la suppression de 8 à 10.000 emplois, il faut multiplier par trois, voire quatre, pour mesurer l’impact en terme d’emploi pour l’ensemble du pays.»

La situation de PSA Peugeot Citroën et la portée symbolique des annonces de ce jour reflètent une inquiétude plus large autour de l’industrie automobile française. «Peut-on encore produire des voitures en France?», se demande Philippe Jacqué dans Le Monde, faisant le tour d’horizon des obstacles comme le coût et la rigidité du travail en France ou le manque d’investissement.

Gilles Bridier soulignait la semaine dernière sur Slate que les incitations à l’achat comme la prime à la casse ne suffisent pas à doper les ventes des constructeurs, qui ont de plus en plus intérêt à faire produire leurs voitures dans les pays où la demande est forte:

«Quand les ressorts de la demande sont détendus et qu’on ne peut s’accrocher à de nouveaux leviers, la priorité pour produire des voitures et construire des usines est donnée aux marchés où les ventes sont en forte croissance et où les coûts sont compétitifs.»

Grégoire Fleurot
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