Monde

Sidney Rittenberg, le premier Américain à avoir adhéré au Parti communiste chinois

Pauline Moullot, mis à jour le 11.07.2012 à 15 h 44

Beijing/GillPenney Via FlickrCC Licence by

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Le premier Américain à avoir adhéré au Parti communiste chinois sort de l’ombre. The Revolutionary, un documentaire consacré à Sidney Rittenberg, est diffusé en avant-première sur les campus américains, rapporte le New York Times.

Agé de 91 ans, le partisan communiste revient sur ses années passées à jouer au rami avec Mao et ses seize ans dans des geôles chinoises.

«Je déteste me plaindre mais c’était long

Sidney Rittenberg a rejoint la guerilla communiste en 1946 dans la ville chinoise de Yan’an. Il y a rencontré Mao le jour même de son arrivée, et occupait ses soirées à jouer au gin rami et à regarder des films de Laurel et Hardi.

Selon la télévision chinoise CNTV, il a surtout découvert à Yan’An «un nouveau monde idéal. L’armée ne demandait pas de nourriture et de vêtements aux habitants locaux. Tout le monde était égal et le système était démocratique».

Surnommé Li Dunbai (une traduction phonétique de Sidney Rittenberg), il a aussi traduit les messages des leaders du Parti communiste chinois dans un anglais parfait. Mao lui a même dédicacé son petit livre rouge, avant la disgrâce.

En 1948, Staline a demandé à Mao de faire arrêter l’Américain, soupçonné d’être un espion de l’impérialisme américain.

«Tu es censé être cassé et te confesser. J’étais cassé, mais je n’avais rien à confesser, alors c’était un peu bizarre.»

Pendant la Révolution culturelle, accusé par la femme de Mao Jiang Qing, Rittenberg a été de nouveau emprisonné de 1968 à 1977, suspecté d’être un contre-révolutionnaire, rappelle The Atlantic.

Il décrit Mao comme un «grand héros et un grand criminel en même temps». «Très amusant», Mao était personnellement distant et parlait très lentement, mais était «doué d’une grande écoute».

Marié à une Chinoise depuis 1956, Rittenberg a définitivement quitté la Chine avec elle en 1980 pour retourner s’installer aux Etats-Unis.

En 1993, dans la préface de son autobiographie, The Man Who Stayed Behind, Sidney Rittenberg a admis avoir «pris le chemin du communisme avec l’espoir de créer un monde neuf et meilleur (…) mais en même temps, je veux peindre un tableau clair du mal qui a suivi. Je l’ai vu, j’ai vécu avec lui. Dans certains cas –à ma grande honte et je le regrette aujourd’hui– j’ai participé à ce mal».

Pauline Moullot
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Journaliste
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