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L’expansion inquiétante du sida aux Philippines

Andre Gayraud , mis à jour le 09.07.2012 à 16 h 15

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A une époque où la plupart des pays voient leur taux de contamination par le VIH baisser, un pays va à contre-courant: les Philippines. Selon un reportage du Wall Street Journal, depuis 2007, le pays connaît une augmentation exponentielle des cas ainsi que des affaires de discrimination envers les personnes infectées.

Avant 2007, seule 1% de la population était atteinte par la maladie, même si l’utilisation du préservatif est découragée par la puissante église catholique. Mais depuis, tout a changé. En 2011, on comptait 2.349 nouveaux cas et le nombre total de cas s’élevait à 9.396 en avril 2012. Des projections parlent de 45.000 cas en 2015. Les Philippines sont un des sept pays listés par Onusida où le nombre de personnes infectées a augmenté en 2010.

Les médecins continuent de chercher les raisons d’une telle explosion de l’épidémie, souligne le Wall Street Journal.

La situation est donc grave, mais en plus, les malades se font rejeter par leur communauté mais également par les médecins. Les personnes sont testées sans leur autorisation, les résultats sont rendus publics et les personnes contaminées sont obligées de quitter leur domicile pour être mises en quarantaine.

«Le sida est comme la lèpre d’aujourd’hui», explique Edu Razon, qui dirige Pinoy Plus, une association de personnes infectées par le VIH aux Philippines. 

Du coup, un cercle vicieux se met en place: à cause de la discrimination, la plupart des personnes cachent le fait qu’elles sont malades ou évitent de passer le test et il est donc très difficile de freiner l’expansion de la maladie.

Cela s’accompagne d’une méconnaissance de la maladie.                                                  

L’enquête nationale sur la démographie et la santé 2008 montrait que seule une femme sur cinq avaient une «connaissance compréhensive» du virus. Deux femmes sur trois ne savaient pas que le sida ne peut pas se transmettre en partageant sa nourriture avec une personne séropositive ou par des piqûres de moustiques.

Pour Teresita Marie Bagasao, qui dirige le bureau de l’Onusida à Manille, «le pays a besoin de se concentrer sur les lieux où est la maladie, et aussi faire les choses plus vite, de façon plus intelligente et de s’appuyer sur ce qui marche». Onusida ajoute que les Philippines ne dépensent pas assez pour lutter contre la maladie: 1,6 million de dollars y ont été consacrés en 2011, soit moins qu’en 2009 (1,9 million de dollars).

Andre Gayraud
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