Monde

Gina Rinehart: la femme la plus riche du monde s'attaque aux médias

Pauline Moullot, mis à jour le 09.07.2012 à 11 h 01

Sydney Opera House/Edwin11 Via FlickrCC LicenceBy

Sydney Opera House/Edwin11 Via FlickrCC LicenceBy

La femme la plus riche du monde n'est ni Oprah Winfrey ni Liliane Bettencourt. Elle s'appelle Gina Rinehart et, a priori, vous ne la connaissez pas. Gina Rinehart est propriétaire d’une compagnie minière australienne. Celle pour qui «la beauté est une mine de fer» est à la tête d’une fortune de plus de 29 milliards de dollars, rapporte BBC News.

Elue femme la plus riche du monde par l’Australian Business Review, Gina Rinehart a hérité de son père Lang Hancock la mine de Pilbara dans l’Ouest australien en 1992.

Très controversée, l’héritière s’attaque aujourd’hui aux médias. La «princesse de Pilbara» détient 10% des actions de Channel 10, la troisième chaîne de télévision du pays, et est devenue l’actionnaire principale du deuxième groupe de journaux le plus important: Fairfax  Media.

Accusée de vouloir se servir de Fairfax Media pour défendre ses propres intérêts de droite, Gina Rinehart est désormais très critiquée en Australie selon l’International Business Review. Complètement anonyme il y a encore peu de temps, sa récente emprise sur les médias de son pays la révèle au grand public.

David McKnight, professeur de journalisme à l’Université de New South Wales explique à Reuters l’influence de cette nouvelle magnat des médias.

«Elle fait partie d’une organisation de l’industrie minière qui montre son autorité d’une manière très politique. Elle est très individualiste et a un agenda personnel mais elle prend aussi part à un changement structurel fondamental de l’économie australienne.» 

Fairfax Media possède trois des plus importants journaux australiens: le Sydney Morning Herald (rebaptisé le Sydney Mining Herald par ses adversaires), le Melbourne Age et The Australian Financial Review. Celle qui se surnomme elle-même le «chevalier blanc» de Fairfax a demandé à ses dirigeants d’augmenter les résultats de l'entreprise ou de démissionner alors qu’elle refuse toujours de signer la déclaration d’indépendance éditoriale du groupe.

Mais l’héritière est aussi au cœur d’un autre scandale, familial cette fois. Quelques jours avant que la propriété du groupe ne soit transférée à ses enfants, Gina Rinehard a changé la date à 2068, quand ils seront âgés de 80 ou 90 ans. Les trois aînés de ses quatre enfants la poursuivent donc en justice.  Des emails où elle les décrit comme gâtés et paresseux et les prévient que leur sécurité sera en danger s’ils continuent leur action en justice ont été rendu publics.

L’auteure d’une biographie non autorisée de Gina Rinehart insiste: «C’est une des personnalités les plus fascinantes d’Australie et elle devient rapidement une force irrésistible de l’économie, des médias et de la politique

Pauline Moullot
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