Une mystérieuse épidémie mortelle sévit au Cambodge

une rue de Phnom Penh. Tbachner via Wikimedia Commons.

L’épidémie d’origine inconnue qui sévit depuis plusieurs semaines au Cambodge pourrait être d’origine virale. C’est ce qu’a fait savoir, le 9 juillet, l’Organisation mondiale de la santé dans un communiqué publié conjointement avec le ministère cambodgien de la Santé.

L'OMS a alerté sur le sujet le 2 juillet. Dans un communiqué diffusé le 4 juillet, elle a précisé que le ministère de la Santé du royaume du Cambodge lui avait notifié l’existence «d’une flambée d’une maladie non diagnostiquée». Depuis avril, celle-ci aurait touché 62 enfants, dont 61 sont morts.

«La majorité des sujets provenaient de la partie méridionale du pays et ont été admis à l’Hôpital des enfants à Phnom Penh. Les symptômes observés sont une forte fièvre, suivie de symptômes respiratoires et/ou neurologiques, avec détérioration rapide des fonctions respiratoires», a précisé l’organisation sanitaire onusienne. Avec le ministère et d’autres partenaires, l’OMS a lancé une enquête  afin d’identifier la cause et la source de la maladie.

L’inquiétude a alors rapidement gagné les pays voisins. Le 8 juillet, Asie Info a annoncé qu’à la demande du ministère philippin de la Santé, les aéroports internationaux du pays devaient intensifier leurs procédures de dépistage de tous les voyageurs susceptibles de porter les germes de la mystérieuse maladie observée au Cambodge. Le Bureau philippin des quarantaines a été placé en état de vigilance maximum et le ministère de la Santé a recommandé d’annuler tous les voyages non nécessaires vers le royaume cambodgien.

Les premiers échantillons qui ont pu être testés à l’Institut Pasteur du Cambodge se sont révélés négatifs pour le H5N1 (grippe aviaire) ainsi que pour les agents pathogènes du SRAS ou du Nipah. D’autres maladies qui sévissent au Cambodge sont également recherchées: la dengue hémorragique, la fièvre aphteuse et le chikungunya.

L’OMS estimait jusqu’ici qu’il pouvait s’agir d’une combinaison de différentes maladies avec les mêmes signes cliniques, mais causée par différents pathogènes, ou de quelque chose de nouveau. Les voyageurs se rendant au Cambodge ont été invités à consulter au plus vite un médecin s’ils développaient des symptômes respiratoires.

L’organisation estime aujourd’hui que l’épidémie serait due à un entérovirus. Et plus précisément au virus de type EV 71, connu en Asie, où il peut sévir sur un mode épidémique, comme l’ont établi les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains. Selon le Dr. Nima Asgari, spécialiste de santé publique pour l'agence onusienne à Phnom Penh, de nouveaux tests sont nécessaires pour savoir si les victimes avaient aussi été infectées par d'autres virus. Selon lui, le lien avec l'entérovirus est néanmoins «significatif» et «cela démystifie énormément la situation».

Une dépêche de l’AFP datée du 8 juillet précise que c’est le Dr Beat Richner, pédiatre et fondateur des hôpitaux pour enfants Kantha Bopha  (qui traitent environ 85% des enfants gravement malades du pays) qui a été le premier à tirer la sonnette d'alarme le mois dernier. Selon lui, 66 enfants de sept ans et moins, la plupart entre deux et trois ans, ont été touchés depuis mi-avril et seulement deux ont survécu:

«Tous ces enfants ont une encéphalite et développent dans les dernières heures de leur vie une pneumonie sévère avec une destruction des alvéoles dans les poumons. C'est pour cette raison qu'ils meurent. Nous pensons que c'est soit un virus, soit une intoxication, soit les deux.»

Photo: une rue de Phnom Penh. Tbachner via Wikimedia Commons.
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Publié le 09/07/2012
Mis à jour le 09/07/2012 à 10h41